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Après deux ans de reports, d’attente et de tensions, une campagne électorale à haut risque s’ouvre en République démocratique du Congo, sans qu’on sache si elle va soulager ou aggraver la crise qui paralyse le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne. Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, doit officiellement lancer mercredi cette campagne lors d’une rencontre majorité-opposition à l’Assemblée, avec un jour d’avance sur le calendrier électoral. Le « candidat commun » d’une frange de l’opposition divisée, Martin Fayulu, est attendu à la mi-journée à Kinshasa de retour d’Europe pour lancer son combat à l’assaut du pouvoir du chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, qui ne se représente pas. La campagne doit prendre fin le 21 décembre à minuit, deux jours avant les élections présidentielle, législatives et provinciales à un seul tour prévues le 23 décembre. L’enjeu est historique: permettre une première transmission du pouvoir sans effusion de sang depuis l’indépendance en 1960 de ce pays-continent (2,3 millions de km2, neuf frontières, 80 millions d’habitants, d’immenses richesses minérales). Vingt-et-un candidat briguent la succession du président Joseph Kabila, 47 ans dont 18 ans au pouvoir depuis l’assassinat de son père et prédécesseur Laurent-Désiré en janvier 2001. Sous la pression internationale – et de la rue congolaise, assure l’opposition -, le chef de l’Etat sortant a renoncé à briguer un troisième mandat interdit par la Constitution, au plus grand regret d’une partie de ses supporteurs. Avec sa coalition Front commun pour le Congo (FCC), M. Kabila a désigné un « dauphin », son ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, qui vient de promettre 86 milliards de dollars sur cinq ans pour le développement de la RDC, pays pauvre malgré ses richesses. – Machines à voter – Plus de 40 millions d’électeurs ont été enregistrés par la commission électorale, qui a acheté quelque 106.000 « machines à voter » à une société sud-coréenne pour les trois scrutins. La « machine à voter » est rejetée en préalable aux élections par le candidat de l’opposition Martin Fayulu…AFP