Partager

Ceci est un principe universel «Tout pouvoir émane du peuple ; mais la somme des fragments du pouvoir ne saurait être un pouvoir.» Les dernières consultations électorales ont mis à nu le caractère répugnant des élections au Mali, considéré comme une référence en matière de démocratie en Afrique de l’Ouest.

On a vu toutes sortes de vol pendant les élections du 26 avril 2009 visant à installer les conseils communaux. Le bulletin de vote chiffonné, l’urne trouée et le suffrage était orienté.

Lorsqu’on oublie le sens d’un serment, les notions comme le suffrage, le vote, la patrie, la nation, auront peu de valeur! Que vaut le sens d’un suffrage au Mali ? Pourquoi organiser un scrutin sans lendemain avec des résultats issus du pouvoir de manipulation des hommes politiques et de la puissance de l’argent ?

Le choix du peuple n’est jamais respecté dans un semblant de régime démocratique cynique dans lequel la démocratie est monnayée et embastillée, le peuple est embrigadé et son choix orienté par le pouvoir et par la puissance de l’argent. Quelle honte pour les parvenus et pour notre pays ? Faut-il donner raison à Thomas Jefferson qui disait : «Ne tentez pas une expérience démocratique dans un pays qui a moins de 50% de taux d’alphabétisation…»

Actuellement, ce taux est de 29% au Mali et selon un classement du PNUD, notre pays occupe le 174è sur 177.

On assiste à des pratiques ignobles : la fraude électorale, allant de l’achat des consciences ; et des voix ; de la fabrication d’électeurs fictifs lors des révisions des listes dans les mairies; de la confection de cartes d’identité pour ces mêmes électeurs fictifs dans les commissariats et gendarmeries ; de l’élaboration d’un fichier électoral à effectifs gonflés toujours contesté avec plusieurs noms fictifs ; de la confection de cartes d’ électeurs dont le nombre est grossi par ces cartes fictives ; des vols de cartes d’électeurs dans les mairies par les maires et les représentants des partis politiques de ces cartes fictives et de celles non enlevées ; de la redistribution de ces mêmes cartes volées le jour même du scrutin à des électeurs fictifs avec ou sans carte d’identité (témoignage multiple) ; du choix des assesseurs et des présidents de bureaux de vote en mission pour un parti ou un candidat qui leur paye 10 fois que l’ Etat ; des procurations délivrées illégalement ; du bourrage des urnes ; des enveloppes déchirées volontairement égarées ; aux manipulations de résultats par des administrateurs de l’Etat contre des primes ou une promotion entre autres .

Enfin, monnayer simplement son suffrage contre 1000 ou 2000 francs CFA est une belle façon de gagner les élections au Mali. C’est une affaire d’argent .Cela nous rappelle le vote censitaire connu en Europe il y a trois (3) siècles. Ces pratiques sont des œuvres planifiées et bien ficelées par des hommes politiques et par des administrateurs au service de l’Etat depuis toujours et chaque fois qu’il s’est agit d’organiser un scrutin (communal, législatif ou présidentiel) au Mali.


Malheureusement, toutes les personnes arrêtées sont libérées 48 heures après !!!
La Loi électorale est- elle un torchon ? Que vaut l’appareil judiciaire ? Est une manière de faire la démocratie ou d’être démocrate au Mali ou de favoriser la promotion des médiocres ? Comment les pouvoirs en place peuvent-ils contribuer à entacher le processus électoral d’irrégularités structurelles et conjoncturelles ? Certainement qu’ils ont utilisé les pratiques pour s’y installer !!!

Les «démocrates sincères et convaincus» ont prouvé leur malhonnêteté dès les premières élections de 1992. Les dirigeants du CTSP ont-ils la conscience nette quant à la transparence des scrutins de 1992 ?

Pourquoi voter ? Pour qui voter? Comment voter ?

Ces réponses ont peu de valeur lorsque l’électeur ignore le contenu de la Loi Fondamentale et de la Loi électorale, taillées sur mesure. Faut-il donner raison à Jacques Chirac qui disait ceci «La démocratie est un luxe pour l’Afrique.»

Les chefs d’Etat africains ont tous trahi leur peuple et veulent s’éterniser au pouvoir. Des monarques déguisés sous des manteaux de démocrates.

Les élections communales au Mali ! Une véritable foire des délinquants où les électeurs et les candidats ignorent tout le contenu du code électoral.
Les nouveaux délinquants fonciers comparent leurs richesses au patrimoine foncier disponible dans la commune.

Oui, ces nouveaux riches, qui parviennent à la richesse de la pyramide sociale, auront du mépris pour les électeurs, trahiront les communautés en dilapidant tous les biens de la communes avec la complicité des administrateurs civils tous citoyens en mouvement. Ces derniers auraient reçu leur part dans le partage du gâteau communal. Que vaut la prestation d’un serment d’un gouverneur ou d’un préfet ? Il faut fermer les yeux, les maires peuvent gagner toutes les élections.

Les élections législatives au Mali ! Le festival des délinquants financiers à la recherche d’une humilité parlementaire où des hommes sans foi ni loi ignorent pour la plus part tout le sens et toute la portée d’une LOI. Ceux- ci font de notre Assemblée nationale une chambre d’enregistrement inféodée à l Exécutif, oubliant le peuple pour lequel ils sont élus. Ainsi beaucoup de députés maliens confondent leur rôle avec celui des élus communaux.


L’élection présidentielle au Mali !
Un gagne paix pour chaque électeur ; une aubaine pour les cades malhonnêtes prêts à utiliser tous les moyens de l’Etat sans crainte et ni honte pour faire allégeance au maître de Koulouba. Ils encourageraient le locataire de Koulouba de briguer un troisième mandat. Cette élection est l’œuvre des faiseurs de Rois avec la complicité d’une seule institution «la Cour Constitutionnelle».

Les 9 sages ont-ils toujours la conscience tranquille ? Cette Cour a le secret du verdict des urnes après réaménagement, réajustement ; annulation ; suppression de suffrages valablement exprimés… Quelle honte pour le peuple malien ? La justice malienne serait- elle une extra puissance préjudiciable au peuple malien ?

Le bilan de l’expérience démocratique au Mali est un échec. Le peuple malien doit-il continuer à supporter ce cirque électoral ? A- t- on oublié les martyrs ?
Le Mali est un grand pays et sa bonne gestion exige de tous ses responsables : le président de la République, des députés et des maires de la GRANDEUR.

BZ. COULIBALY

18 Mai 2009