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La démocratie malienne est considérée comme un exemple en Afrique, voire à travers le monde. Les imperfections dans le processus électoral d’autres pays qui comptent parmi les plus développés et les plus expérimentés en matière de pratique démocratique n’ont fait que conforter certains dans leur conviction que la démocratie malienne n’est pas des plus mauvaises, de même que son processus électoral.

Qu’à cela ne tienne, les efforts sont en cours des premières élections démocratiques à ce jour avec l’objectif de corriger les lacunes et insuffisances.


Des efforts d’amélioration des élections

En effet, il n’est un secret pour personne que la loi électorale a été relue plusieurs fois, à l‘instar des autres textes fondamentaux de la République afin de l’adapter à l’évolution socio-économique et politique et d’y extirper les aspects décriés le long des processus électoraux. Comme pour dire qu’aucun texte n’est parfait, encore que dans l’application, il se pose également des problèmes.

Ainsi, de l’ouverture démocratique à ce jour, grâce à la volonté politique des autorités successives, plusieurs réformes ont été initiées pour la consolidation du processus démocratique au Mali qui passe forcement par une meilleure adaptation des textes aux exigences telles que demandé par les représentants de la classe politique et de la société civile.

C‘est pourquoi il y a l’unanimité autour de la nécessité de réformes le long du processus démocratique. Les concertations régionales organisées en 1994 par l’Adéma, alors au pouvoir participaient de cette dynamique. Par la suite, la loi électorale a été relue, tant des acteurs politiques avaient estimé qu’ils étaient défavorisés par certains modes de scrutin.

Même après, ce furent les mêmes problèmes pour les demandeurs. On se rappelle également la demande de réduction du nombre de bureaux de vote itinérants, considérés comme source de fraudes massives. On ne peut affirmer que la situation sur ce plan s’est améliorée.

Ce qui divise la classe politique

Cependant, ce qui divise le plus la classe politique, c’est la nature des réformes à initier, mais aussi la manière dont il faut procéder. Le plus souvent, il y a des difficultés d’application des textes, tout comme une mauvaise volonté de bien faire à certains niveaux. C’est pourquoi il y a toujours une crise de confiance entre certains acteurs politiques et les structures en charge de l’organisation des élections. Ceci explique cela.

En effet, au début, c’est le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales qui s’occupait de l’organisation des élections à tous les niveaux. C’est à cause des doutes exprimés par certains acteurs politiques sur la sincérité des responsables de ce département qu’il a été demandé que soit créée la CENI, puis la DGE afin que les élections soient plus transparentes.


Le retour a la case départ?

Avec l’arrivée d’ATT au pouvoir, des acteurs politiques ont continué à dénoncer les lacunes et insuffisances du processus électoral. C’est pourquoi dès 2003, les autorités du pays, de concert avec la classe politique, se sont engagées dans un processus de relecture des textes fondamentaux de la République auquel ont participé les représentants de la société civile.

Il a été question autant de la loi électorale que des relations entre les institutions de la République. Malgré tous ces efforts qui sont l’expression de la volonté de prendre en compte les préoccupations exprimées pour améliorer les processus électoral et démocratique, les lacunes et insuffisances persistent.

C’est pourquoi ATT, à sa réélection, comme il avait promis, a confié la réflexion sur le processus démocratique au Mali à une éminente personnalité. C’est M. Daba Diawara qui a été désigné pour conduire cette réflexion dans le cadre d’une commission, puis il a été retenu pour le suivi à travers un comité créé à cet effet.

Cette initiative s’explique par le fait que les structures budgétivores sont de plus en plus contestées par certaines composantes de la classe politique. Avec le rapport de la commission Daba Diawara, les propositions sont relatives à la fusion de la CENI et de la DGE. Même à ce niveau, les avis sont partagés. N’est-ce pas un retour à la case départ?

En tout cas des acteurs politiques s’accordent à dire que non seulement les structures d’organisation des élections sont nombreuses, mais aussi elles sont budgétivores dans un Etat qui a peu de ressources financières pour faire face aux charges d’organisation des élections.


De la menace de fraudes massives

Mais ce qui est sans équivoque, c’est le manque de confiance entre certains acteurs politiques et les structures chargées de l’organisation des élections, d’où la méfiance et les hésitations de certains acteurs politiques. Même à l’occasion des élections communales, ce sont les mêmes problèmes.

En effet, des acteurs politiques prédisent des fraudes massives au moment de leurs prises de contacts à la base. Il est vrai que les fraudes massives et la corruption politique sont des pratiques courantes dans le processus électoral malien comme ailleurs.

L’administration au banc des accuses

Mais ces pratiques sont en grande partie de la responsabilité des acteurs politiques et des électeurs, et seule une meilleure organisation des partis permettra de venir à bout de ces problèmes qui ont la vie dure dans notre processus électoral. Mais en général, c’est toujours l’administration qui est au banc des accusés.

Les élections sont plus l’affaire des partis que de l’administration, c’est pourquoi les acteurs politiques doivent s’impliquer davantage pour leur réussite dans des conditions plus transparentes, en particulier au moment du vote.

Dans ce sens, il faudra que tous se dotent d’un nombre suffisant d’assesseurs, de présidents de bureaux de vote bien formés le jour J. Cela permettra sans doute de réduire au maximum les cas de fraudes électorales et de corruption politique.


Moussa SOW

20 Mars 2009