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Ce qui embarrasse le plus les analystes politiques, un peu trop habitués aux chantiers battus, c’est l’identification de l’opposition politique malienne. Et à quelques mois des prochaines élections, celle-ci attire de moins en moins l’attention sur elle, sa dernière prise de position en matière politique datant de septembre dernier.

Alors, les partis politiques de l’opposition s’étaient particulièrement remarqués dans la tumultueuse mise en place de la CENI pour les préparatifs des prochaines élections. C’est seulement à cette occasion que l’existence d’une opposition sans voix au Mali a commencé à faire son chemin.
Une fois de plus, le Mali montre qu’il construit une démocratie iconoclaste, faisant fi des principes rigides et se focalisant sur ce que les circonstances lui imposent.

En effet, il existe des partis politiques au Mali qui se déclarent ouvertement opposés au pouvoir de Amadou Toumani Touré. Et l’habitude veut que l’opposition soit critique à l’égard du pouvoir, ce qui visiblement n’est pas le cas dans notre pays.

Une des explications que l’on ait tenté de donner à ce qui ressemble à une autocensure de l’opposition pourrait être le fait que les partis d’oppositions maliens sont peu représentatifs, mal connus et sans ressources suffisantes.

Mais à vrai dire, de tels écueils ne sauraient excuser le silence de ceux qui ne partagent point les affaires avec Koulouba. Pour comprendre l’opposition malienne, il faut peut être chercher ailleurs.

En fait, la configuration des regroupements politiques qui se tiraillaient à l’occasion de la mise en place de la CENI nous édifie mieux sur la question. La majorité, notion par laquelle il faut entendre ceux qui sont proches du pouvoir, était composée, en plus des alliés du Général Amadou Toumani Touré, des partis qui n’ont jamais parlé le même langage que lui.

Mais l’important est de savoir si l’opposition déclarée va jouer un rôle important dans les prochaines élections, du moins si elle en est capable. On sait que dans ce groupe c’est le parti BARA du professeur Yoro Diakité qui est le mieux connu, compte tenu du charisme de son président qui n’est plus à présenter dans le monde politique.

De là à avoir une capacité de nuisance, il y a un grand effort que le parti n’est pas à même de faire. Quant aux autres partis de l’opposition, on a du mal à imaginer dans quelle mesure ils vont peser sur la scène politique.

Et pourtant, sortir de l’ornière à l’occasion des élections de 2007 est une nécessité vitale pour ces formations politiques. En rangs dispersés, ils ne parviendront à rien.

Par contre une alliance, même informelle, comme lors de la mise en place de la CENI, leur sera d’un secours inestimable.

Soumaïla T. Diarra

12 décembre 2006.