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Aux environs de 11 heures, l’école « Place de la République » qui abrite le Centre de vote du quartier de Bagadadji a connu une affluence surprenante. La cour de l’établissement a connu une atmosphère plutôt cafouilleuse. Les électeurs du quartier sont certes sortis nombreux pour accomplir leur devoir civique mais ils ont dû compter avec l’encombre­ment de certains qui ont attendu la dernière minute pour venir retirer leurs cartes d’électeurs et d’autres qui ont décidé de faire le siège pour apporter leur témoignage aux élec­teurs non identifiés. Le cafouillage était total « et la porte était ainsi ouverte à toutes sortes de fraude » d’après un électeur qui a sollicité l’anonymat. Cheick Mohamed Thiam, un observateur national de Grace-Mali, a pu constater qu’entre 8 heures et 9 heures, il n’y avait pas de présidents pour 4 bureaux de vote à Bagadadji, et on a du choisir les assesseurs les plus âgés pour les rempla­cer. Le même constat a pu être fait dans d’autres bureaux de vote dont Missira, Bozola, Niaréla, Quinzambougou ou Médina-coura où l’affluence était relativement faible.

Derrière Bagadadji, Médina-coura avec sa tren­taine de bureaux de vote a ‘ connu une belle ambiance et une participation qui dépassait largement les autres quartiers.

Au delà du constat connu de la non ouverture des bureaux de vote à 8 heures pour faute de maté­riel électoral, les bureaux N°65, N°66 et No67 étaient installés devant les salles de classes dont l’intérieur été utilisé comme isoloir.

Les bureaux N°57 et N°58 ont démarré les opérations avec un assesseur au lieu de 4 recommandés. L’honorable député Oumou Bâh qui a voté dans le Centre n’a pas caché ses inquiétudes au constat de plusieurs anomalies. « Vous constatez avec moi que le déroulement du vote est un peu lent, les installations ne sont pas jusqu’à cette heure (9 heures passées) définitives, des assesseurs sont absents dans certains bureaux, ils ont été obligés de choisir parmi les délé­gués. Il y a de graves incompréhensions, deux délégués du même candi­dat sont admis dans la même salle… Bref il y a de graves irrégularités.

J’espère que las choses vont s’améliorer sinon c’est de nature à entacher le scrutin », nous a-t-elle livré avant d’écorcher l’adminis­tration qui aurait du laisser aux partis politiques le soin d’organiser les élections. Le chef du quartier Moussa Touré, après avoir voté à 9 heures, s’est plutôt dit satisfait du déroulement des opérations. Pour lui les Maliens doivent gagner la bataille de la participation « au finish, il y aurait un élu, mais des vainqueurs : le Mali, la citoyenneté malienne et la démocratie malienne ». Ces sentiments du chef de quartier de Médina-coura sont en par­tie partagés par certains observateurs internatio­naux que nous avons ren­contrés dans les différents centres. Certains d’entre eux ont pu néanmoins noté une grave irrégularité dans le bureau 71 de Quinzambougou. Ici, profi­tant du manque de vigilan­ce des assesseurs un élec­teur a pu glisser deux bul­letins de vote dans l’urne.

Souleymane Diallo

30 avril 07