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Le candidat de l’Adéma-PASJ, Pr Dioncounda Traoré sent-il déjà un défaitisme dans le camp de ses adversaires dans la course pour la succession du président ATT ? C’est ce qui transparaît dans son intervention le week-end dernier à Ségou.

Comme s’il craignait une victoire électorale sans des concurrents de poigne, qui pourraient être tentés d’aller vers un boycott, le candidat du parti de l’abeille et de l’alliance pour le renouveau politique (ARP) appelle ses challengers à maintenir le cap. Pour se jauger devant le baromètre des urnes. « Beaucoup de gens souhaitent que ces élections ne se tiennent pas, parce qu’ils savent qu’ils ne les gagneront pas, ils ont développé toutes sortes de théories pour arriver à la conclusion que ces élections ne peuvent pas avoir lieu ; ou alors qu’elles ne peuvent pas avoir lieu dans de bonnes conditions.

Ils ont commencé à préparer leurs arguments pour contester ces élections et profitent aujourd’hui du problème du Nord qui se réveille pour sauter sur l’aubaine. Cependant, ces élections auront bel et bien lieu, on les fera ces élections. En 1992, on a fait des élections dans les mêmes conditions et elles se sont bien faites« , martelait Dioncounda Traoré.

Ce sont là des piques claires comme l’eau de roches que l’actuel président de l’Assemblée nationale pourrait affiner dans les jours à venir, lors des joutes oratoires de la campagne électorale.

Sans spéculer sur les destinataires de ces invectives, on peut reconnaître que ces prises de positions de Dioncounda Traoré ont au moins le mérite d’être celles du président ATT et de son gouvernement.

Position qui est également celle de la France, récemment martelée par Alain Juppé de passage à Bamako. Ce qui lui vaudra une dose de sympathie dans plusieurs milieux.

Mais cette lecture de la situation n’était pas celle d’un parti comme l’UDD qui est pourtant un allié du PASJ et qui revendique avoir « investi » le candidat Dioncounda Traoré.

Tiéman Hubert Coulibaly annonçait récemment qu’ »un léger report » de la date du scrutin peut être envisagé. Car, soulignait-il, le parti de la colombe ne faisait pas du respect du délai constitutionnel un fétichisme. Il faut alors comprendre que les angles du discours politique ont été rapidement arrondis entre Tiéman et Dioncounda.

Pour l’honorable Professeur de mathématiques, tous les candidats à la magistrature suprême ne doivent point perdre du temps dans un débat inutile. Ils doivent descendre dans l’arène pour essayer de faire le retard que leurs partis respectifs accusent sur le PASJ, la première force politique du pays qui aurait une expertise pour anéantir l’hydre du septentrion malien.

Morceau choisi : « Les apprentis sorciers doivent revoir leur copie ou bien qu’ils partent remobiliser leurs électeurs. Je voudrais également leur dire qu’ils comprennent une fois de plus que ces élections auront lieu et la nouvelle équipe qui viendra, l’Adéma et ses partenaires, mettront fin définitivement à ce problème du Nord. Nous le connaissons, nous l’avions géré et cette fois-ci nous le gérerons définitivement. Seule l’ADEMA a les moyens de le faire, parce que nous aimons notre pays, parce que nous sommes des patriotes, parce que nous sommes des démocrates, parce que nous sommes des républicains, parce que nous ne faisons pas d’amalgame, parce que nous sommes sincères, parce que nous sommes volontaires.

Nos compatriotes du nord qui ont pris les armes pour s’exprimer savent très bien, qu’en l’ADEMA, ils auront un partenaire crédible, un partenaire viable. L’ADEMA à Koulouba, c’est bien autre chose, c’est l’autorité de l’Etat rétablie, c’est le problème de l’école résolue, c’est l’emploi pour les jeunes, c’est la santé à la portée de tous parce que l’ADEMA est parmi vous, l’ADEMA est partout au Mali, l’ADEMA connait vos problèmes et l’ADEMA a les idées pour résoudre ces problèmes« .

Comme quoi, le moins qu’on puisse dire est la prochaine campagne électorale promet en joutes verbales.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 8 mars 2012.