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L’ADEMA-PASJ vient de choisir à l’unanimité le président du parti, Pr Dioncounda Traoré, pour être son porte-étendard dans la course pour la magistrature suprême du Mali l’année prochaine.

Fait notoire à signaler, tous les protagonistes, lors de ces primaires du parti de l’abeille, ont reconnu que l’actuel président de l’Assemblée nationale était, en réalité, le meilleur candidat pour le parti. Ils ont tous été battus par Dioncounda Traoré sur les critères « curriculum vitae et parcours politique ». Point besoin de revenir, dans ces lignes, sur l’itinéraire du fils du Commandant Traoré. Mais il faut relever qu’aux qualités de l’homme s’est ajoutée ce que certains appellent «l’étoile de la chance» qui ne s’est jamais éloignée du député élu à Nara.

Il semble que Dioncounda Traoré a une baraka infaillible qui lui fait remporter des succès au moment où tout le monde s’attend à le voir confronté à des difficultés. A titre de rappel, expliquent certains analystes, à la présidence du parti, IBK avait fait face à certaines frondes qui ont fini par avoir raison de lui. La démission de celui qui va créer en 2001 le RPM amènera Dioncounda Traoré à la tête du parti. Il était déjà promu 1er Vice-président, en septembre 1994. Il était, faut-il le rappeler, 2ème vice-président de l’ADEMA-PASJ à sa création.

Arrivé à la tête du parti de l’abeille par un coup de chance, mais aussi par le fait de ses qualités de «pacifiste et de combattant intrépide et infatigable de la liberté, des droits de l’Homme et de la démocratie», après le départ d’IBK en 2000, Dioncounda Traoré est reconnu comme ayant été celui qui a sauvé la Ruche d’un naufrage collectif. Par son discours mobilisateur «IBK est parti, le parti continue», le nouveau maître de la Ruche avait, dit-on, marqué les consciences. La suite, ce sont les succès électoraux que le parti n’a cessé d’engranger jusqu’à aujourd’hui. Cette ascension fulgurante du Pr Dioncounda Traoré va-t-elle le conduire jusqu’au palais de Koulouba l’année prochaine? Cet ami personnel de François Léotard (amis sur les bancs, ils ont tous deux été ministres de la Défense au même moment) croise les doigts et compte sur le soutien du parti et de la Providence.

Premier garçon de son père, toujours premier de sa classe, pratiquant la chasse comme hobby, Dioncounda «semble être venu au monde avec une cuillère d’argent dans la bouche», témoigne un cadre de l’ADEMA qui le connaît très bien. Et cet édile municipal d’une des six communes de Bamako de poursuivre : «Je l’ai connu en 1955 et je peux dire que l’homme surprend souvent par son calme. Il sait être distant et souvent très sympathique. Tout lui a été apparemment facile dans la vie…». Il a côtoyé les grands d’Afrique et du monde mais cela n’a rien enlevé à sa capacité à être modeste, souvent trop accessible pour son rang.

On l’a vu, expliquent certains observateurs, s’offrir de la viande grillée qu’il s’empresse de partager avec des cadres et militants du parti, tous assis dans la cour du siège du parti à Bamako-Coura. Sa modestie transparaît aussi dans le fait que Dioncounda Traoré est toujours resté en famille jusqu’à récemment, quand il a commencé enfin à construire sa maison.

«Le président de l’Assemblée nationale est toujours aux petits soins de sa maman et n’hésite pas à faire la table à celle qui lui a donné la vie» rappelait, le samedi 30 juillet, le Secrétaire aux relations extérieures du Comité exécutif du parti, l’ancien ministre Moustaph Dicko.

En définitive, comme l’écrit Mark W. Brinton, «la valeur d’un homme ne se mesure pas à son argent, son statut, ses possessions. La valeur d’un homme réside dans sa personnalité, sa sagesse, sa créativité, son courage, son indépendance et sa maturité»

Dioncounda qui croit que son heure est arrivée, pourra-t-il valablement défendre les couleurs de son parti? L’avenir nous le dira! Mais une chose est sûre: « Il est fin prêt pour le combat », annonce-t-on du côté de Bamako-Coura. Il nous revient que les tractations pour mettre sur pied une équipe de précampagne intégrant «toutes les valeurs sûres du parti» ont déjà commencé. A ce moment précis de sa vie, le chef de la Ruche rappelle étrangement Barre Raymond, ancien Premier ministre français qui aimait dire «Quand le moment est venu, l’heure est arrivée».

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 09.08.2011