Partager

2-2.jpgL’ensemble des quelque 19.000 bureaux ont fermé vers 18H00 (locales et GMT), laissant place aux opérations de dépouillement. Le taux de participation, qui était une inconnue de ce scrutin, semblait légèrement supérieur à celui enregistré lors des précédentes présidentielles.

« Aucun incident n’a été rapporté par nos agents avant la clôture du vote », a déclaré à l’AFP Gérard Latortue, ancien Premier ministre de Haïti et chef de la mission d’observation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Dans la soirée, la principale coalition de l’opposition, le Front pour la démocratie et la république (FDR), a fait planer un doute sur la crédibilité du scrutin en annonçant qu’elle avait reçu des informations sur des fraudes présumées.

« Nous avons eu écho d’un certain nombre de fraudes dont nous attendons confirmation », a déclaré à l’AFP Djiguiba Keita, porte-parole du FDR, coalition de 16 partis alliés pour contrer la candidature du président sortant Amadou Toumani Touré, considéré comme le favori de l’élection.

« Un haut responsable de notre coalition se serait vu proposer d’acheter une centaine de cartes électorales et un haut gradé de la région de Ségou (sud) se serait trouvé en possession d’un grand nombre de cartes d’électeurs et de procurations », a-t-il précisé.

Le FDR présente quatre candidats: Ibrahim Boubacar Kéita, le président de l’Assemblée considéré comme le principal adversaire du président sortant, ainsi que Mamadou Sangaré, Soumeylou Boubéye Maiga et Tiébilé Dramé.

Après avoir voté dimanche, MM. Kéita et Dramé avaient dénoncé des fraudes, sans toutefois apporter de preuves concrètes.

Le premier a affirmé avoir été informé que des « dizaines de milliers » de procurations avaient été émises, tandis que le deuxième a évoqué une « fraude massive », avec des bulletins acheminés en province avant la date prévue.

Au cours de la semaine passée, le FDR avait déjà affirmé craindre des fraudes, mais le ministère de l’Administration territoriale s’était engagé à s’assurer d’un scrutin fiable.

A Bamako et dans plusieurs villes de province, l’affluence a été importante à l’ouverture, mais elle a rapidement baissé, notamment en raison d’une forte chaleur, selon des sources concordantes.

Mais d’après des recoupements effectués par des journalistes locaux et de l’AFP, la participation était légèrement supérieure aux taux des dernières présidentielles – les électeurs maliens, dont 70% vivent hors des grandes villes, avaient boudé les urnes, avec une participation de moins de 25% en 1997 et 2002.

« On peut d’ores et déjà dire qu’il y a un léger mieux par rapport à 2002, où la participation avait été de 23% », a confirmé à l’AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Fodié Touré.

Le président Touré, ancien général putschiste qui a spontanément cédé le pouvoir aux civils en 1992 après avoir participé au renversement du dictateur Moussa Traoré (1968-1991), brigue un deuxième et dernier mandat de cinq ans.

« Je souhaite que les élections se passent bien, que les Maliens votent dans le calme et en toute liberté », a déclaré M. Touré à la presse après avoir voté dans un quartier de Bamako.

Après le dépouillement entamé dès la fermeture des centres de vote, chaque bureau doit produire un procès verbal qui sera ensuite acheminé vers le ministère de l’Administration du territoire, chargé du décompte des résultats.

Les premières estimations sont attendues dans la journée de lundi, et les résultats complets mercredi ou jeudi. La Cour constitutionnelle aura ensuite pour charge de les déclarer officiels.

AFP – dimanche 29 avril 2007 – 22h28