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Le gouvernement à travers le Premier ministre Diango Cissoko avait indiqué qu’à la date du 15 mai toutes les localités aux mains des rebelles seraient reconquises. Ce qui n’est pas encore le cas pour la ville de Kidal où l’armée malienne n’a pas encore mis pied. Plus inquiétant, il semble que la France voulait que l’administration retourne à Kidal ; que l’élection présidentielle y soit organisée sans la présence de l’armée malienne. Ce que refuse l’ADPS.

Tous les acteurs nationaux ou internationaux qui œuvrent pour un retour définitif de la paix au Mali sont unanimes que l’élection présidentielle ait lieu sur toute l’étendue du territoire malien, y compris à Kidal ville. Mais là où des divergences existent, c’est la sécurisation du scrutin dans cette ville.

A écouter le discours que tient la France, il apparaît clairement que ce pays voudrait que le scrutin à Kidal soit sécurisé par l’armée française. Ce qui n’est pas l’avis de certains acteurs nationaux. Après l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), c’est l’Alliance des démocrates patriotes pour la sortie de crise (ADPS) qui s’élève contre cette vision de la France et met les autorités de transition en garde contre cette tentative.

Selon le regroupement la France devrait comprendre que la logique cartésienne voudrait plutôt que le retour de l’armée malienne à Kidal y précédât celui de l’administration civile et non l’inverse.

« Pour sa part, l’ADPS exige du gouvernement malien qu’il prenne toutes les mesures nécessaires pour assurer sans délai l’entrée de l’armée malienne à Kidal et le redéploiement de l’administration dans cette partie intégrante du territoire national. Il revient à l’armée malienne, et non à l’armée d’un autre pays, fût-il la France, de sécuriser le scrutin à Kidal », indique Nouhoun Sarr, le secrétaire politique de l’ADPS dans une déclaration qu’il nous a fait parvenir.

Le regroupement estime qu’au lieu d’appeler à trouver une « formule politique » (terme employé par la France) et qui est en fait destinée à soustraire Kidal à l’autorité du gouvernement central, la France gagnerait à veiller à l’exécution des mandats d’arrêt internationaux lancés par les autorités judiciaires maliennes à l’encontre des leaders du MNLA pour crimes de guerre commis notamment à Aguelhok et autres viols, vols et destruction de biens publics et privés.

Dans la déclaration, l’ADPS a réaffirmé son opposition à toute négociation avec le MNLA, sous quelque mutation sémantiques qu’ils se présentent. Le regroupement pense que la sauvegarde et le renforcement de l’amitié entre les peuples français et malien et de la coopération entre nos deux gouvernements passent par la neutralisation du MNLA et l’abandon par la France de toutes velléités de protection, y compris sous le couvert de la future Minusma, d’un groupuscule « d’enfants gâtés de la République » que l’opération Serval a, à l’entendement de l’ADPS, malheureusement contribué à revigorer, confirmant ainsi la réalité du marché de dupes qu’il n’a eu de cesse de dénoncer dès le départ.

Cette lenteur dans la reconquête de la ville de Kidal par l’armée malienne reste un gros problème que le gouvernement doit résoudre afin de rassurer toute la classe politique.

Denis Koné

Les Echos du 30 Mai 2013