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C’est le 26 avril prochain que les Djolibistes tiendront, à Hérémakono, l’assemblée générale de leur club, le mandat du président Karounga Kéita arrivant à expiration. Au menu de cette assemblée générale, figureront en bonne place la relecture des textes, le contrôle des tâches et l’élection d’un nouveau bureau. C’est justement sur ce dernier point qu’il y a des zones d’ombre qui suscitent des inquiétudes.

En effet, outre Karounga Kéïta alias Kéké qui est candidat à sa propre succession, un autre postulant, et pas des moindres, convoite la présidence du Djoliba AC. Il s’agit d’un opérateur économique de la place dont nous taisons ici volontiers le nom.

Selon des sources concordantes, Karounga Kéïta n’est pas prêt à quitter son fauteuil. Pendant ce temps, l’opérateur économique tient à ce que Kéké lui cède sa place. Cette situation a contribué à polluer l’atmosphère au sein de l’instance dirigeante du Djoliba AC.

En fait, en ce qui concerne Karounga Kéïta, il tient à parachever l’œuvre qu’il a entreprise depuis belle lurette. En réalité, l’évocation de son seul nom se confond presque avec la vie du Djoliba A.C. Avant d’aller monnayer son talent en Europe, il fut sociétaire du Djoliba (né de la fusion de l’Africa Sport de Bamako et du Foyer du Soudan en 1960), avant d’en devenir l’entraîneur pendant près de 20 ans.

Il a ainsi battu tous les records de longévité dans ce domaine au Mali. Depuis 1991, il est le troisième Président de l’équipe des Rouges qu’il contribua fortement à moderniser. Comme en témoigne la construction du gigantesque complexe sportif de Hérèmakono qui fait la fierté de tout le Mali.

Cette grandiose entreprise lui a valu en 2001 les hommages appuyés du Président de la Confédération Africaine de Football (CAF), M. Issa Hayatou, qui n’a pas tari d’éloges sur la qualité du complexe qui était retenu parmi les stades d’entraînement de la CAN 2002. C’est pour cette raison que des Maliens avaient attribué en 2000 à Karounga, le titre honorifique de meilleur dirigeant sportif malien du siècle.

Le Président Kéké, a travaillé de concert avec le Conseil d’Administration et l’ensemble du Comité Exécutif, afin que le Djoliba devienne et demeure l’une des équipes phares sur l’échiquier national, voire continental. En témoigne la brillante victoire, il y a de cela quelques jours, du Djoliba en terre tunisienne devant le Club africain de Tunis en match comptant pour la phase aller du second tour de la Ligue africaine des champions.

Autre chose à mettre à l’actif de cet homme : la mise à disposition d’infrastructures sportives de qualité et la formation des jeunes footballeurs. D’où la création d’une école de football à Hérémakono dirigée par des anciennes gloires du football malien. Autant dire que Karounga Kéïta a de bonnes raisons de plaider qu’il soit une fois encore plébiscité pour aller jusqu’au bout de ses ambitions pour le club de Hérémakono.

Mais, cela ne veut nullement dire que le second prétendant qu’est l’opérateur économique de la place n’a pas d’arguments pour prétendre à la présidence du Djoliba AC. Cet opérateur économique a un poids financier non négligeable dans la gestion du club. En outre, il a l’ambition d’apporter du sang neuf, un nouveau souffle au Djoliba tout en poursuivant les efforts entrepris par Karounga.

En ce sens, il voudrait, s’il est élu président du club de Hérémakono, introduire des innovations qui permettront à l’équipe, non seulement de maintenir sa position de meilleur club du Mali, mais aussi d’avoir une plus grande visibilité au niveau continental, voire mondial.

Voilà donc les points forts sur lesquels les deux prétendants s’appuient pour convoiter la présidence du Djoliba. Et, c’est ce qui avait fait monter la tension d’un cran dans la famille des Rouges, chaque postulant étant resté campé sur sa position. Cela conduisait inexorablement à des divisons au sein du club, notamment entre les supporters.

Selon des sources concordantes, sentant venir le danger, certains sages auraient, depuis quelques semaines, entrepris des démarches auprès des deux candidats afin qu’ils parviennent au consensus et que l’un deux accepte de se désister. L’arme puissante dont disposeraient ces sages est le cousinage qui existe entre les Bozos et les Malinkés.

Espérons donc qu’un terrain d’entente sera trouvé et que cette prochaine élection du N°1 du Djoliba AC se passera sans animosité. La réconciliation doit être renforcée pour le plus grand bonheur de la famille des locataires de Hérémakono. Toutes les composantes du club sont ainsi invitées à plus de solidarité, de courage et d’abnégation pour permettre au Djoliba de connaître un avenir radieux.


Bruno Loma

19 Mars 2009