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Du côté de la mouvance ATT on jubile. Et pour cause ! Le Takokélen est devenu une réalité, après une victoire écrasante de ATT avec un taux de près de 70% des voix des électeurs, selon l’estimation des résultats compilés par son Etat-major de campagne à partir des copies des procès-verbaux de dépouillement. En attendant la proclamation officielle desdits résultats, les candidats réunis au sein du FDR se sont fendus d’un communiqué qui se résume à un rejet pur et simple de ces résultats. Déjà, dès le dimanche soir, chacun des camps réclamait la victoire à Bamako.

La déferlante ATT a fini de faire des vagues et tout converge à confirmer la victoire du président sortant crédité d’une majorité tellement confortable qu’on ne peut s’empêcher de parler de plébiscite. Comme on pouvait s’y attendre, les candidats réunis au sein du FDR ne veulent pas avaler l’amère pilule d’une victoire au premier tour de ATT dont son camp se prévaut aujourd’hui d’une victoire écrasante et sans bavure, auréolée d’un score de près de 70 % des voix des électeurs de dimanche dernier. Cette menace de contestation planait sur le scrutin bien avant même le vote et naturellement, les communicateurs du FDR ont remis sur le tapis les revendications auparavant brandies en corsant la note par d’autres griefs.

Ils ont dénoncé des fraudes massives, de l’intimidation et du chantage. Des arguments qui ne pourront faire florès au vu des conclusions des différents groupes d’observateurs qui jugent le scrutin libre, juste et transparent. Attendons maintenant de voir quels mobiles apporteront-ils à de pareilles accusations pour convaincre de leur bien fondé.

Evidemment, la militarisation du processus électoral revient sur la table. Mais, ce débat semble à présent malvenu si l’on sait que Kafougouna Koné traîne derrière lui une expérience de plusieurs élections et que sa présence à ce niveau reste antérieur à la venue de ATT aux affaires. Constat qui reste valable pour le DG aux élections qui a été pendant plusieurs années l’adjoint de Kafougouna. Reste à savoir, à ce stade aussi, ce que veulent réellement dire les membres du FDR pour permettre de regarder leur requête d’un autre œil.

On évoque une ingérence de la Présidence de la république dans le scrutin, la qualifiant de « source d’émission de résultats électoraux… ». Une affirmation évidemment infirmée par le camp du président sortant. Des preuves, encore des preuves, nous en sommes friands pour davantage édifier les citoyens du pays.

En émettant le doute sur le système de collecte, disons de centralisation des résultats, jetant la suspicion sur la fiabilité des résultats à publier, le FDR verrouille toute possibilité de reconnaissance de l’issue du scrutin. Nous tombons tout droit dans les revendications classiques des périodes post-électorales qui ont caractérisé le continent africain à un moment de son histoire proche.

La véritable question est maintenant de savoir si les griefs soulevés par les candidats du FDR ont été mentionnés dans les procès-verbaux de dépouillement ou constatés à l’aide d’huissiers pour permettre à la Cour Constitutionnelle, juge électoral, de connaître de ces éventuels impairs. Effectivement, la production des preuves sur les différentes allégations relancerait sensiblement le débat et permettrait de clôturer dans la légalité et la légitimité le processus électoral qui, fatalement désigne un vainqueur et un vaincu. En plus par la production des preuves idoines, les candidats plaignants pourraient espérer être rétablis dans leurs droits en usant des voies légales prévues par la loi. Le Mali y gagnerait aussi en expérience et notoriété.

Nous savons d’emblée que les différents groupes de superviseurs – sur qui il est hors de question de jeter le moindre doute ou un infime soupçon- ont estimé à l’unisson que le scrutin est crédible. Ils en ont félicité le peuple malien, seul gagnant au sortir de ces élections.

Amadou Bamba Niang

02 mai 2007.