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S’il y a un président malien qui ne cesse de rabâcher nos oreilles avec son score, c’est l’actuel locataire de Koulouba. Ibrahim Boubacar Keïta ne rate aucune occasion pour dire qu’il a été élu par les Maliens, qu’il ne sera l’otage d’aucune force. Nous ajoutons, sauf celui de sa famille.jpg_une-2591.jpg

Aujourd’hui, nous voyons clairement que le président malien n’a ni projet de développement ni programme de travail. Idem pour son gouvernement géré par un paresseux. IBK a entamé des actions de reconstruction du pays, en ouvrant de grands dossiers : la lutte contre la corruption et la délinquance financière, le procès du général Haya, l’accusation d’ATT pour haute trahison, des magistrats en taule, l’affaire du PMU sous forme d’intimidation des anciens ministres et cadres qui sont interpellés à tout bout de champ pour être écoutés. Tout est accéléré. Mais au même moment, la famille présidentielle, la famille du chef de l’Etat et alliés commencent à prendre le contrôle des institutions de la République. Tout cet enchaînement est-il le fait du hasard ? Est-ce que le président cache aux Maliens ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette précipitation ? IBK a-t-il réellement les cartes en main pour gérer le Mali ? Qu’est-ce qui lui est arrivé depuis la prise du pouvoir ? Qu’est-ce qu’il cache aux Maliens ? Il doit s’expliquer.

Nous annoncions les couleurs depuis la formation de son gouvernement. D’après notre confrère Les Echos, «c’est la famille idéale au Mali», car l’épouse est la Première Dame ; le fiston est élu député en Commune II ; le père de l’épouse de celui-ci est président de l’Assemblée nationale ; l’époux d’une sœur cadette de la Première Dame est ministre du Travail et des Affaires sociales et humanitaires ; le fiston d’une autre sœur cadette de Mme est ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de la Promotion des Investissements. Les voisins du quartier sont également là. Les amis de longue date aussi. Quelle belle famille ! Ni Modibo Kéïta, ni Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, ni Amadou Toumani Touré, n’ont eu cette délicate attention envers leur famille.

Le Mali est tombé bas ; notre pays est dans une situation extrêmement désastreuse, pour qu’on oublie certaines divergences entre nous pour aller ensemble et sauver ce qui peut l’être encore. Les Maliens avaient peur, mais on se rend compte qu’avec IBK, si nous ne faisons pas attention, le Mali nous échappera définitivement. Aucune initiative n’est prise de façon claire et objective. L’espoir placé en IBK est en train de faire sombrer le pays, pour retirer progressivement ce qu’il nous reste de notre Maliba. C’est vraiment dommage ! Il y a un grand danger qui menace notre pays. Son indépendance et sa souveraineté sont menacées. Regardons ce qui se passe en Centrafrique. C’est pourquoi les Maliens doivent travailler à avoir des institutions fortes et crédibles qui puissent travailler à sortir le pays du désastre.

Mais, ce n’est pas en installant une famille comme une monarchie, qu’on peut construire un pays. Nous ne voyons pas un président qui travaille, qui trace la voie du développement, qui montre le chemin de l’honneur. Il est dans des discours et des actions qui n’ont aucun impact sur les populations maliennes. Le jeu politique sous IBK ne donne aucune chance à l’avenir politique. Il regroupe tout le monde au sein d’un parti politique. Jamais dans l’histoire du Mali démocratique, un parti politique n’a eu seul 60 députés à plus forte raison 70 députés, sans compter les alliés.

Et ne pas dire qu’IBK est en train de transformer son propre slogan «Le Mali d’abord, le bonheur des Maliens» à «Ma famille d’abord, le bonheur de mes enfants», c’est se leurrer. Chaque jour, il ne fait qu’à grandir le fossé entre lui et les Maliens. Le Mali est devenu l’affaire d’une famille et de ses alliés. Ce qui fait dire aux jeunes étudiants : «Au nom du père, du fils et du beau-père». Quelle trinité !

Kassim TRAORE

Le Reporter du 29 Janvier 2014