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On reconnait le vrai maçon au pied du mur, dit-on. L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) veut faire sien ce maxime le 18 mars prochain prévu pour l’élection des conseillers nationaux devant siéger au Haut Conseil des Collectivités (HCC). En effet, beaucoup d’observateurs et acteurs de la scène politique malienne considèrent que le scrutin du 18 mars 2007 constitue le premier affrontement entre le Front pour la Démocratie et la République (FDR) et ADP. Qui du FDR et de l’ADP remportera cette première bataille ?

La création de l’ADP le 08 décembre 2006, puis celle du FDR le 25 février 2007, a consacré la bipolarisation du champ politique malien, même si certaines formations de l’échiquier politique plus ou moins importantes n’appartiennent à aucun des deux camps aux intérêts antagoniques.

ADP VERSUS FDR

L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) composée d’une quarantaine de formations politiques fut portée sur les fonts baptimaux le 8 décembre 2006 par quatorze partis politiques. A peine quatre mois après sa création, ce regroupement compte aujourd’hui une quarantaine de partis tous acquis à la cause du président Amadou Toumani Touré (ATT).

La plate-forme signée entre les initiateurs de l’ADP préconise le soutien électoral pour la réélection du président ATT. Au-delà du soutien électoral à ATT, la plate-forme ADP tend à l’émergence des majorités politiques stables au sein des institutions représentatives comme l’Assemblée Nationale, le Haut Conseil des Collectivités.

Pour atteindre ces objectifs, les partis membres de l’ADP ont convenu de s’associer dans toute la mesure du possible pour une participation sur des listes communes aux élections législatives, à l’élection des conseillers nationaux et aux communales.

La plate-forme électorale du FDR reste pour l’instant un peu vague concernant les élections communales et les conseillers nationaux. Cela témoigne du fait que ce regroupement a été créé dans la précipitation le 25 février 2007 avec quatorze partis politiques et deux associations à caractère politique.

Face à la convocation du collège électoral pour mars 2007 en vue de l’élection des conseillers nationaux, créant ainsi une situation nouvelle dont il importe d’analyser de toute urgence les implications, les membres signataires du Front pour la Démocratie et la République décident de mettre en place dans les plus brefs délais une commission de réflexion chargée de dégager la stratégie idoine à soumettre à leurs directions respectives”. Ce passage est extrait de la plate-forme électorale du FDR en pages 3 et 4.

Selon nos informations, la commission dite de réflexion n’a pas encore vu le jour ; cela veut dire que les membres du regroupement présidé par Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) n’ont aucune stratégie commune pour aborder l’élection des conseillers nationaux du 18 mars prochain. Chaque parti membre du FDR a donc le choix, puisque la direction du regroupement n’a donné aucune consigne de vote ni de choix aux militants et responsables.

QUELQUES ALLIANCES ELECTORALES SELON LES REGROUPEMENTS

Des émissaires de l’ADP et du FDR sont sur le terrain pour les derniers reglages en vue de l’élection de 72 conseillers nationaux parmi 10.000 autres. La tâche n’est pas aisée pour les uns et les autres.

A Ségou, l’ADEMA a 506 conseillers communaux sur 1.830 au total pour l’ensemble de la région.

A Ségou, l’ADEMA avec 506 conseillers communaux affronte le RPM qui a 303 conseillers.

Dans la cité des Balanzans, le PARENA, un parti membre du FDR pourrait voter pour l’ADEMA, tête de proue de l’ADP, puisque le parti du Bélier blanc n’a pas de candidat à Ségou.

Nous apprenons que bien avant la création du FDR, des élus du PARENA avaient promis qu’ils voteraient pour ceux de l’ADEMA.

Dans le District de Bamako où il faut élire huit conseillers nationaux sur 250 conseillers communaux, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) a élaboré une liste commune sur laquelle figure les représentants de l’UDD, de l’URD, de l’ADEMA, le MPR, le CNID, l’US-RDA.

A Sikasso et Koulikoro, l’UDD est sur une liste commune avec l’ADEMA.

UNE CAMPAGNE MOROSE

L’article 177 chapitre IV relatif à la campagne électorale stipule que “La campagne électorale en vue de l’élection des membres du Haut Conseil des Collectivités est ouverte seize jours avant le scrutin et prend fin le jour précédent la veille du scrutin à minuit”.

Cela veut dire que depuis le 1er mars dernier, les partis politiques et les indépendants sont en campagne. Mais sur le terrain, on ne s’en rend pas compte.

Même s’il s’agit de l’élection des grands électeurs, la fièvre électorale doit monter. Mais, jusque-là, on ne constate rien ; peut être que les états-majors des partis politiques et les candidats indépendants attendent la dernière minute pour se manifester.

Ils ont encore quatre jours pour cela quand on sait que la campagne prend fin le vendredi 16 mars à minuit.

Daba Balla KEITA

13 mars 2007.