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Malgré les tentatives maladroites d’une certaine presse qui met en relief l’élection de l’honorable Issaka SIDIBE à cause de ses liens familiaux, le vrai évènement dans ce dénouement inattendu est certainement le camouflet politique infligé au Premier ministre Oumar Tatam Ly par le groupe parlementaire RPM.

Le rejet de la candidature de M Abdramane Niang qui était sponsorisé par la primature, constitue ,en effet, un désaveu grave et sans précédent pour un chef de gouvernement au Mali.

Les péripéties de l’investiture du député de Ténekou, les moyens conséquents qui ont été mis à sa disposition pendant la campagne électorale, l’élimination électorale suspecte des candidats qui pouvaient entraver son ascension au perchoir procéderaient, pense-t-on, d’un agenda d’accaparement des institutions par un clan dévoué au Premier Ministre, dont la boulimie du pouvoir, subite et précoce, déconcentre plus d’un. Les mérites et les qualités intrinsèques de l’honorable député Abdramane Niang ne sont pas ici en cause. Ce qui l’est en revanche, ce sont les manœuvres orchestrées autour de sa candidature pour asseoir les bases institutionnelles d’un agenda redoutable. Il était question dans ce scenario d’une stratégie de domestication du pouvoir en trois actes.

Primo: contrôler le pouvoir législatif en plaçant à sa tête un homme dévoué à la cause. Secundo: dissoudre le RPM dans un vaste mouvement dit de la majorité présidentielle qui ne serait en fait qu’un instrument de pouvoir entre les mains de leurs initiateurs. Tercio: faire sortir du gouvernement, à l’occasion du prochain remaniement, les ténors du régime (du Rpm et de ses alliés) pour mieux contrôler celui-ci.

Après avoir pris connaissance de cette grave menace qui pesait sur les acquis politiques et historiques de leurs obédiences politiques, la majorité des députés de la mouvance présidentielle ont pris la courageuse décision de faire valoir leurs droits de choisir librement celui qui parmi eux serait apte et légitime pour diriger l’institution parlementaire.

Ainsi cet agenda politiquement inconcevable, étant donné du déficit de légitimité politique de leurs promoteurs est aujourd’hui partiellement compromis.
Il ne pouvait pas en être autrement, car les promoteurs de cette démarche politiquement immature ont oublié l’essentiel : c’est-à-dire la capacité de résistance de leurs adversaires qui ont blanchi sous le harnais du combat politique. Les hommes et les femmes qui ont affronté et surmonté toutes sortes d’épreuves pour accompagner le président IBK au pouvoir, pendant que d’autres étaient à l’étranger dans leur grand conforts de hauts fonctionnaires internationaux et méprisant les politiques, ne pouvaient accepter qu’on leur impose un diktat dans la conduite des affaires politiques qui sont, rappelons-le, du domaine strict de l’engagement privé, librement consenti. C’est dire que l’échec retentissant subi par le premier ministre et son clan était prévisible. A lui d’évaluer les conséquences logiques de ce désaveu synonyme d’humiliation publique. S’il demeure le chef du gouvernement par la haute volonté du président de la République, il n’est plus, ni politiquement ni moralement, le chef de la majorité politique du régime. C’est la rançon d’un comportement, serait-on tenter de dire.
Quand le mépris de l’autre et la condescendance sociale, adossée à un état de service politique dérisoire, est la caractéristique relationnelle d’un homme public, on va de l’échec à l’humiliation.

Au Mali, comme ailleurs, on gagne les cœurs par le respect et la considération de ses semblables. C’est sans doute là une leçon morale qui va peut être servir à qui aura l’humilité de reconnaitre ses propres défauts.

Drissa Traoré, militant RPM de la Commune VI

22 Septembre du 27 Janvier 2014