Partager

Si tout se passe bien comme prévu, la fédération malienne de football procédera à son assemblée générale élective ce dimanche 8 octobre 2017 à Bamako. A l’issu de ces travaux, un nouveau président sera élu pour un nouveau mandat de quatre ans. La question qui taraude les esprits des acteurs et amateurs du football malien c’est de savoir sir la crise qui le secoue depuis plus de trois ans, prendra-t-elle fin ou dirige-t-on vers une nouvelle crise ?

Jamais dans l’histoire d’une assemblée générale élective de la fédération malienne de football, il n’y a eu autant de violations, de tripatouillages des statuts et règlements de la fédération et de graves manquements liés à l’organisation d’une élection. A l’allure où vont les choses, on risque de se diriger vers un affrontement entre les partisans des deux candidats à la présidence de la fédération malienne de football. Ce qui conduirait certainement à son report voire une mise en place d’un comité de normalisation. La raison est simple car au moment où nous étions sous presse, on ne connaît pas encore le corps électoral c’est-à-dire la liste des membres votants. Ce qui est contraire aux statuts de la fédération en ses articles 30-33.

En effet tant que la situation des ligues de Kayes et de Ségou, la situation des clubs et de 1er et de 2e division censés être des membres votants pour cette assemblée générale élective, on risque d’assister à un véritable clash comme ce fut le cas le 10 janvier 2015 d’où est parti la pire grave crise du football malien depuis 1960.

Dirige-t-on vers un report où vers la mise en place d’un comité de normalisation ?

Si rien n’est fait par les plus hautes autorités du pays en collaboration avec les instances sportives de la CAF/FIFA pour faire la part des choses et cela conformément aux statuts de la fédération malienne de football adoptés et approuvés lors de son assemblée générale extraordinaire tenue les 21 et 22 Mai 2011 dans un hôtel huppé de la place, on risque de se diriger vers un report si jamais un affrontement venait à se produire. Du coup la mise en place d’un comité de normalisation sera inévitable car à partir du 8octobre 2017 à minuit, ça sera la fin du mandat de Boubacar Baba Diarra.

Rappelons que le point de la discorde entre les partisans des deux candidats se trouve au sujet de la publication des noms des membres votants notamment ceux des ligues de Kayes, Ségou, des clubs de première division et de deuxième division. Pour le camp de Salaha Baby, les seuls présidents légaux et légitimes restent et demeurent Cheick Kanté pour Kayes et Mamadou Sow pour Ségou conformément aux statuts de la fédération malienne de football. Pour eux les clubs de première division ne peuvent pas voter conformément à l’article 44 du championnat national de ligue 1 saison 2016-2017 qui stipule que si le championnat n’arrivait pas à son terme pour quelques raisons que ce soit le titre de champion reste vacant. Ceci est aussi valable pour les clubs champions de 2e division des ligues dont le championnat n’est pas arrivé à terme.

Pour rappel en 2005 pour la tenue de l’assemblée générale extraordinaire du 31 août 2015, en réponse à la demande de tenue de la dite assemblée formulée par les clubs champions sortants de D2, la FEMAFOOT a répondu par la lettre No 1138/2014- 2015/FEMAFOOT en date du 27 juillet 2015 a informé le club demandeur à savoir le FC GAOUSSOU «  qu’en vue des dispositions statutaires de l’article 119 que son club ne fait plus partie du collège électoral de la FEMAFOOT. A ce titre vous ne devez plus faire une demande de tenue d’une assemblée générale extraordinaire de la FEMAFOOT à l’instant vous n’êtes pas champion de votre ligue ».

Pour le porte-parole de la liste du candidat, Aba Mahamane, la FEMAFOOT ne peut donc et ne doit pas appliquer les statuts à géométrie variable. Malgré tout cela, il ressort que des invitations auraient été adressées à des champions sortants alors que la saison est en cours sachant aussi que la fin de saison étant fixée au 30 septembre est dépassée. Le comble c’est que les champions 2017 de Kidal et de Tombouctou n’auraient pas reçu des invitations. « Du coup un tel collège électoral convoqué rendrait nulle et de nulle effet toute élection qui se ferait sur cette base »confie le porte-parole du Collectif.

Mais pour le camp de Mamoutou Touré, les seuls responsables des ligues de Kayes et de Ségou reconnus par le comité exécutif, dont ils sont membres, ne sont ni moins ni plus que Mamadou Bathily Dramé(ancien premier vice-président de Cheick Kanté) et Barou Soumounou(jamais élu président à Ségou) tout simplement ils sont favorables à eux. Pour eux ce sont les anciens champions de D2 qui doivent voter parce qu’il n’y a pas eu de compétitions sans la moindre référence aux statuts de la fédération malienne de football à plus forte raison à ses articles.

Malgré les multiples médiations menées par-ci par là, malgré le protocole d’accord de sortie de crise du 27 avril 2017, rien ne fit au vu et au su des plus hautes autorités du pays. C’est dire donc qu’il ne fait aucun doute que cette assemblée se tiendra sous une haute tension où tous les coups et les provocations seront possibles pour se faire entendre ce dimanche.

Saïd

Le Mutation du 06 Octobre 2017