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L’effectif de la Fonction Publique malienne est l’un des plus faible de la sous-région. Seulement 53 348 agents émargent au budget de l’Etat pour plus de 12 millions d’habitants. Il faut ajouter à cet effectif les contractuels qui sont de plusieurs ordres. Comment l’effectif de la Fonction Publique a évolué de 1990 à 2008 ?

En 1990, l’effectif de la Fonction Publique malienne était estimé à 29 769 agents. En 2008, ce chiffre est passé à 53 348 agents. Cet effectif est loin de répondre aux besoins immenses de l’administration. Chaque année, de milliers de jeunes diplômés sortent des écoles et autres instituts. C’est pourquoi l’emploi des jeunes est devenu l’une des priorités de pouvoirs publics.

Chaque année, la Direction Nationale de la Fonction Publique et du Personnel (DNFPP) organise des concours directs de la Fonction Publique. S’agissant du recrutement, il est à noter que le dysfonctionnement et le détournement de la DNFPP de ses attributions stratégiques sont en partie dus au fait qu’elle est tenue d’organiser les concours de recrutement dans la Fonction Publique.

La déconcentration des centres de concours

Ces concours ont connu une croissance fulgurante relativement au nombre de candidats qui est passé à 10 000 en 2000 à 33 000 en 2007. Cette augmentation a rendu de plus en plus complexe l’organisation des épreuves. En effet, si auparavant, une seule division se chargeait des opérations, aujourd’hui l’activité mobilise tout le personnel de la DNFPP pendant au moins trois mois dans l’année.

La situation est compliquée davantage avec la multiplication des centres de concours au niveau régional (Kayes, Sikasso, Mopti, Gao). Cette situation n’est pas sans incidence sur la qualité et le délai de réalisation des autres activités du service.

Outre les concours directs de recrutement, la DNFPP organise aussi presque chaque année des concours professionnels d’avancement de catégorie dont le nombre de candidats dépasse largement le millier.

La mission d’organiser ces différents concours qui, à la lecture des textes, est secondaire est aujourd’hui devenue principale au détriment des autres activités et occasionnant du coup des retards récurrents dans la gestion des autres aspects de la carrière des agents de l’Etat.

Déficit de gestion

L’éloignement du centre de gestion réelle des ressources humaines du personnel concerné par ces actes, la longueur de la chaîne de circulation de l’information et la lourdeur des procédures de mise en oeuvre, sont sources d’inefficacité dans la gestion des ressources humaines de l’Etat.

L’ampleur de ces tâches explique par la limitation actuelle de la DNFPP aux actes administratifs courants au détriment d’une vision de la gestion des ressources humaines. La DNFPP compte 89 agents dont 14 cadres et cela avec un dépassement de l’effectif prévu par son cadre organique de 1990 qui ne prévoyait que 64 agents.

La centralisation excessive des activités de gestion a abouti à un pilotage à vue des ressources humaines en raison de l’inexistence d’une orientation générale et d’une politique claire de la gestion des ressources humaines de l’Etat.

Le constat en est qu’en juin 2008, 402 agents de l’Etat étaient en disponibilité, soit plus de 7% de l’effectif, auxquels il faut ajouter 205 autres dont les disponibilités sont épuisées mais qui n’ont pas rejoint leur poste.

Quant aux agents en détachement, ils étaient, à la même date, au nombre de 841 sans tenir compte de 408 autres dont les détachements étaient arrivés à expiration mais qui n’avaient pas également rejoint leur poste d’affectation.

Cette situation est aggravée par le fait que plus d’une soixantaine de cadres fonctionnaires sont aujourd’hui sans affectation.

Ce déficit de gestion s’explique également par l’hypertrophie de la fonction de gestion de la DNFPP. Celle-ci, naturellement, ne peut jouer la fonction de communication interne de telle sorte qu’actuellement la Fonction Publique malienne souffre d’un problème important de communication qui explique la gestion de beaucoup de préavis de grève par le ministre de la Fonction publique.


Daba Balla KEITA

23 Janvier 2009