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Les policiers qui voulaient empêcher tout attroupement ont déployé un dispositif impressionnant pour l’opération. Pour ce faire, ils ont tabassé les étudiants et lancé des gaz lacrymogène sur eux. En un mot, l’accès à la colline était interdit aux étudiants. La descente posait le même problème. Ce qui a fait que les étudiants d’autres facultés comme la FAST, l’IUG, ont eu leur part de correction injuste. « Je viens d’arriver ici. Je ne savais pas qu’il y avait grève, parce qu’on n’avait pas été informé de cela par le comité AEEM. Donc je venais pour suivre le cours de droit international. Arrivé au niveau des policiers, ils m’ont dit de faire demi-tour. J’ai dit que je vais à la fac. Et du coup, ils se sont mis à me frapper », a expliqué Fané Souleymane de la quatrième année droit international. Et Mamadou, interné à la FAST d’ajouter : « Je ne suis ni de près, ni de loin associé à la manifestation. Mais dès qu’ils m’ont vu, ils ont jailli sur moi comme la pluie en me frappant. Alors que je descendais pour aller voir mes parents ».

En fait, les étudiants de droit réclament sans condition le payement de leurs arriérés de bourses. C’est-à-dire les neuf mois ainsi que les bourses de vacances. «Après la prise en otage des cours, la semaine dernière, nous allons continuer à sortir jusqu’à la satisfaction de nos revendications. La présence des forces de l’ordre ne nous fera aucunement peur. Nous serons là, à tenir chaque jour nos assemblées générales », a déclaré un membre du comité AEEM de la FSJP.

A la FSEG, les choses avaient bien commencé. La première année avait même fait les devoirs et les partiels. Mais tout est parti à l’eau quand le secrétaire principal, Moumouni Traoré, a arrêté la poursuite des évaluations au niveau de la deuxième, troisième et quatrième années. Il estimait que les conditions dans lesquelles se déroulent les épreuves n’étaient pas réunies. Qu’il faut répartir les évaluations à travers une liste. Pour bien préparer alors les examens, l’administration veut reporter les épreuves au mois d’octobre prochain. Toute chose que les économistes refusent. « Nous n’irons pas en vacances pour venir ensuite faire les évaluations. Nous avons déjà commencé les épreuves et nous allons les terminer. Lors de notre rencontre avec l’administration sur l’organisation des évaluations, nous avions proposé d’aller en vacances pour venir ensuite faire les épreuves. A l’époque, l’administration a rejeté notre proposition soutenant que les évaluations se feront en septembre. Donc, si les examens ne sont pas bien organisés ce n’est nullement la faute des étudiants, mais de l’administration. C’est dire qu’ils n’ont rien préparé ».

Telle est la philosophie des étudiants en économie qu’on a rencontrés.
Le moins que l’on puisse dire, c‘est qu’au moment où les élèves des établissements d’enseignement fondamental, secondaire, technique et professionnel vont reprendre le chemin de l’école pour le compte de l’année scolaire 2008-2009, les Facultés de médecine de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), des lettres, langues arts et sciences humaines (FLASH), sciences et techniques (FAST), l’école nationale d’ingénieurs (ENI), attendent la proclamation de leurs résultats. Les facultés des sciences juridiques et politiques (FSJP) et économiques et de gestion (FSEG) sont dans l’incertitude totale de connaître les moments où se dérouleront les épreuves de fin d’année. Aujourd’hui dans ces facultés, c’est le désordre total avec ces débrayages.


Hamada B Fofana

16 septembre 2008