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Éducation : Répression d’une manifestation d’étudiants à la faculté de médecine – L’AEEM menace de sévir

Une altercation a opposé, le mardi 9 juin 2013, les forces de sécurité aux étudiants de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) qui organisaient un sit-in pour exiger un retour des enseignants dans les classes. La répression de la manifestation par la police aurait fait au moins trente-sept blessés.

L’enjeu électoral fait que maintenant, «les autorités politiques du pays se fichent de l’école». C’est en tout cas le sentiment de l’association des élèves et étudiants du Mali (AEEM).

Les syndicats d’enseignants ont entamé une grève illimitée. Ce mot d’ordre, selon les étudiants, compromet gravement l’année académique dans la plupart des facultés et instituts universitaires du pays. Inquiet, le syndicat estudiantin a voulu prendre ce problème à bras le corps.

«C’est nous qui sommes victimes de cette situation. C’est pourquoi nous demandons à l’Etat de prendre des dispositions pour que nous regagnions les classes d’ici vendredi prochain. Sinon nous allons prendre d’autres mesures», a indiqué, sans aucune autre précision, Sékou Diallo, secrétaire général du bureau de coordination de l’AEEM.

«Notre droit le plus légitime est d’étudier», a-t-il soutenu au cours du point de presse tenu mercredi à midi. Il faut dire que depuis 2009, à des mois entiers de perturbation, succèdent des années blanches au sein de l’enseignement supérieur au Mali. «Nous n’allons plus nous laisser faire», a menacé Sékou Diallo, arguant que la situation de l’école est aujourd’hui «très déplorable».

A la fac de médecine, les étudiants qui craignent une nouvelle année blanche ont suscité dans la matinée du 9 juin un sit-in pour dénoncer l’arrêt brutal des cours. La manifestation qui se tenait dans le calme, selon plusieurs témoignages, a été réprimée par la police, faisant 37 blessés. Près d’une centaine d’autres étudiants auraient été interpellés au 8ème arrondissement avant d’être relâchés dans la soirée. Le 10 juillet, il restait encore 12 personnes en garde-à-vue. «Nous demandons qu’ils soient libérés dans les vingt-quatre à quarante-huit heures à venir. Il y a des gens parmi eux qui ne savaient rien du mouvement», a déclaré Sékou Diallo, soulignant que l’AEEM comptait porter plainte contre la police nationale pour cette opération de répression de leur manifestation.

Le traitement des blessés aurait été laissé à la charge des intéressés répartis entre les hôpitaux du Point G, de Gabriel Touré, du Mali et de Kati. «Nous sommes sortis pour ce sit-in qui se déroulait calmement. Nous n’avons jamais imaginé que la police allait intervenir», a expliqué Fousseyni Kanté, secrétaire général adjoint du comité AEEM de la faculté. «Ils ont réprimé cette manifestation de manière très sauvage, de manière inhumaine !» a ajouté le point focal du Centre national des œuvres universitaires (CENOU, une structure de l’Etat) à la FMPOS, qui a, lui aussi, été tabassé par les policiers. Un étudiant qui aurait reçu une balle dans la jambe risquerait une amputation à l’hôpital de Kati.

«Rien ne peut justifier ces actes. La constitution malienne nous garantit la liberté d’expression et de syndicalisme», a conclu Sékou Diallo.


Voici une série de photos prises le jour de l’altercation.










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Seydou Coulibaly

AFRIBONE MALI – 11 juillet 2013