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C’est à ce titre que Diola Bagayoko, professeur de physique aux Etats-Unis, lors d’un débat télévisé, diffusé dimanche soir, par l’Ortm, a préconisé la solution de la vulgarisation des nouvelles technologies, en l’occurrence, l’Internet. Cet outil, selon lui, permettra, par exemple de diriger trois thèses de doctorat en même temps. Pourtant, l’idée n’est pas nouvelle, car, l’ancien président de la République, Alpha Oumar Konaré, avait prédit que notre pays pourrait s’acheminer dans un environnement où chaque village serait connecté à Internet. Le théoricien des médias, le Canadien Marshall Mac-Luan, avait lui aussi annoncé le village planétaire, grâce à la propagation des nouvelles technologies.

Ce village global, selon lui, serait l’avènement d’une culture globalisée. Pourtant, Diola Bagayoko a vite nuancé ses propos, quand le professeur de droit public en France, Eloi Diarra, a évoqué le problème des moyens. Le professeur de droit parlait surtout des moyens à mettre en place pour faire venir la diaspora intellectuelle et scientifique au Mali afin qu’elle participe aux débats.

Il a fait savoir qu’il serait, aussi, opportun de créer des associations, en France, regroupant les intellectuels et les scientifiques maliens pour plus de visibilité de sa diaspora. Cette question des moyens reste un véritable talon d’Achille, puisque les enseignants qui ont bloqué le supérieur pendant presque 3 mois, ne demandent pas autre chose. Sur ce point, Diola Bagayoko a proposé la tenue de débats qui puissent aboutir sur le sponsoring pour les financements. Eloi Diarra s’est désolé que leurs collègues enseignants ‘’soient absents ou en grève,‘’ quand la diaspora intellectuelle et scientifique revient au pays.

Le président de la Codem, Ousseini Amion Guindo, lors de la rentrée politique de son parti, avait déclaré : ‘’50 ans après notre indépendance fièrement et dignement acquise par nos pères, nous sommes confrontés actuellement à un grand défi : celui de l’avenir, l’avenir de notre jeunesse, de vos enfants. Permettez-moi de m’appesantir sur l’école malienne…après ces résultats catastrophiques : 32,89% au Def, 29,18% au Bac, nous refusons d’accepter que le seul niveau des élèves explique cette situation, car les admis de l’année dernière auraient-ils eu la même chance avec les nouvelles réformes de cette année ?

Ces mauvais résultats, ayons le courage de le reconnaître, ne s’expliquent que par une politique éducative balbutiante depuis près de deux décennies. ‘’ Il a fait état de la pléthore d’élèves par classe, du manque de bibliothèques et de laboratoires. N’importe qui, a-t-il dit, peut enseigner, pour peu que cela justifie la création d’emplois, etc. Le président de la Codem a ajouté : ‘’ Cette réalité de notre enseignement est-elle la faute des élèves, des parents d’élèves ou de l’Etat ?’’ L’Etat, a-t-il soutenu, doit s’assumer au lieu de s’en prendre aux enfants. Il a, aussi appelé les populations ‘’ à la sanction des urnes en refusant à toute personne qui a sa responsabilité dans l’état d’un système auquel échappe ses propres enfants, d’accéder à la gouvernance politique. ‘’ Il a appelé les citoyens à disqualifier, pour la conquête du pouvoir, toute personne dont les enfants sont envoyés étudier à l’étranger.

Baba Dembélé

17 aout 2010