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En son Article 18, la Constitution du Mali stipule que “tout citoyen a droit à l’instruction”. Mais dans la réalité, cette disposition de la loi fondamentale connaît des difficultés dans sa mise en œuvre. En effet, le diagnostic révèle que malgré les progrès, le secteur de l’éducation est loin d’avoir atteint les objectifs souhaités.

Avec un taux brut de scolarisation de 53,3% pour Mopti, et de 86,9% pour Gao, et un taux d’alphabétisation de 12% (pour Mopti) et de 15% (pour Gao), les deux régions restent à la traîne pour l’atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous (EPT) prônée par l’UNESCO. Du moins si l’on établit une comparaison par rapport aux taux nationaux de 75% (taux brut de scolarisation) et de 52% (taux d’alphabétisation).

Malgré la mise en œuvre du Programme Décennal de Développement de l’Education (PRODEC), l’accès à l’éducation de base demeure limité dans les deux régions, notamment en raison de la faible capacité d’accueil des écoles.

Le PRODEC prône pourtant une éducation de base de qualité pour tous, un véritable partenariat autour de l’école, une politique de communication centrée sur le dialogue et la concertation entre tous les partenaires et une politique de financement du système éducatif soutenue, équilibrée, rationnelle et axée sur la décentralisation. De nombreux enfants demeurent donc exclus du système scolaire.

Dans les régions concernées, les caractéristiques fondamentales de l’école est la supériorité numérique des garçons à tous les niveaux de la scolarité. Le maintien des enfants (spécialement les filles) à l’école primaire est un défi pour les autorités scolaires et leurs partenaires.

En 2004, le taux brut d’achèvement des études primaires était de 41, 6% ; et le taux d’abandon, de 8%. Le nombre de filles qui abandonnent l’école reste encore élevé. Dans ce contexte, le développement de l’éducation constitue, sans aucun doute, une priorité pour les autorités scolaires et leurs partenaires.

Le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP 2007-2011), préparé de manière participative par le gouvernement et ses partenaires, constitue le cadre unique de référence des politiques et stratégies de développement, pour la période concernée.

Pour relever les indicateurs dans le sous-secteur de l’éducation de base et les améliorer, le gouvernement du Mali, initiateur des Perspectives de Ségou, de l’Année de l’Education et de la Décennie de l’Education en Afrique, avec l’appui de ses partenaires bi et multilatéraux, a déployé plusieurs stratégies et mis en oeuvre moult activités dans les régions concernées.

Le développement du jeune enfant (éducation formelle) et l’alphabétisaton (éducation non formelle) sont des domaines qui constituent, à n’en pas douter, des stratégies complémentaires, essentielles au développement de l’Education de base.

Problèmes de l’éducation de base à Mopti et Gao

Le rapport de la rentrée 2006-2007 des académies d’enseignement de Mopti et de Douentza a fait ressortir quelques problèmes principaux. Entre autres, l’insuffisance d’infrastructures scolaires, surtout dans les écoles des villages relevant du Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Mopti, où le nombre d’écoles est de 806, toutes structures confondues, contre 8 149 pour le niveau national, soit 9,89%.

Il y a le manque de fournitures scolaires dans certaines écocles des Centres d’Animation Pédagogique de Ténenkou, Youwarou et Djenné. Il y a l’insuffisance de personnel enseignant et de personnel enseignant qualifié au niveau des deux académies d’enseignement : le ratio élèves-maîtres est de 60, contre 53 pour le niveau national.

Au niveau des communautés nomades et semi-nomades (tamasheqs, bozos, peulhs), la mobilité des parents avec leurs enfants explique la faiblesse du taux de scolarisation, surtout dans les zones inondées. Il y a également le mariage précoce des filles : en milieu rural, on pense généralement que la fille qui doit se marier ne doit pas aller à l’école. Elle doit plutôt rester à la maison, aux côtés de sa mère, pour apprendre à devenir une bonne épouse et une bonne ménagère. Dans ce milieu, on pense plutôt que l’école pervertit la fille.

A Gao, on constate aussi des problèmes. Tels que l’insuffisance des locaux et la vétusté de certains d’entre eux : le total des écoles (toutes structures confondues) s’élève à 316, contre 8149 pour le niveau national, soit 3,87%. Il ya également l’insuffisance de mobiliers scolaires : malgré les différentes dotations des écoles en tables-bancs, et malgré les efforts des collectivités territoriales, certains élèves sont encore assis à même le sol.

Bakoroba COULIBALY

17 Sepembre 2008