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La société civile malienne est plus que jamais engagée aux côtés de l’Etat pour l’atteinte des objectifs de l’Education pour tous (EPT) d’ici 2015. Une étude d’évaluation est prévue en mai 2009.

Au cours d’une conférence de presse le vendredi 23 janvier à son siège à Lafiabougou, la présidente de la Coalition malienne des organisations de la société civile pour l’EPT au Mali (COSC-EPT) a indiqué que l’étude sera lancée dans notre pays en mai 2009 et le rapport attendu en septembre. Le thème choisi est : « Etude sur le niveau de réalisation des objectifs de l’EPT au Mali : cas de l’éducation non formelle ». Les villes ciblées sont Sikasso, Mopti et Gao.

Un atelier de partage et d’amélioration des termes de référence de l’étude malienne s’est d’ailleurs déroulé le jeudi 22 janvier à Bamako avec la participation du modérateur d’Ancefa pour l’Afrique de l’Ouest, le Nigérien Oumarou Ibro, Solange Napoe Akpo, coordinatrice sous-régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et Cheikh Mbow, coordonnateur de la Coalition du Sénégal. Ils étaient également présents à la conférence de presse.

La présidente de la Coalition EPT du Mali, Mme Maïga Kadiatou Baby, a précisé que « l’objectif général de l’étude est de réaliser le bilan d’étape de l’éducation non formelle au Mali dans la perspective de l’atteinte des objectifs de l’EPT d’ici 2015 ». Selon elle, « nos autorités se sont engagées à réussir l’éducation universelle primaire d’ici 2015 et les défis sont énormes si l’on sait que 70 % d’adultes au Mali sont analphabètes sur 770 millions d’analphabètes recensés dans le monde en 2007 ».

Des études démontrent que le Mali est sur la voie d’atteindre le taux d’alphabétisation de 39 % en 2015. Il va alors rester un écart de 11 % à combler quand on sait que les Etats s’étaient engagés à réussir au moins 50 % de taux d’alphabétisation en 2015. Selon les données de 2007, notre pays a affiché un taux d’alphabétisation de 29,39 % contre 26 % annoncé en 2000 à Dakar.


Un retard à combler

La COSC-EPT est un groupement d’une trentaine d’ONG, d’associations et de syndicats œuvrant dans le domaine ou en faveur de l’éducation. Elle a vu le jour dans les pays de l’Afrique subsaharienne au lendemain du sommet mondial de Dakar sur l’EPT.

La société civile, partie intégrante de l’éducation, s’engage à jouer sa partition dans l’atteinte des objectifs de l’EPT d’ici 2015. C’est dans cette optique que le Réseau africain de campagne pour l’Education pour tous (Ancefa), basé à Dakar, a entamé une série d’études d’évaluation de la mise en œuvre et les progrès obtenus dans l’atteinte des objectifs de l’EPT dans les pays de la sous-région.

L’étude, basée sur la recherche, a pour objectif de disposer de données fiables pouvant servir de tremplin pour les coalitions EPT et permettre à celles-ci de mener une véritable campagne dans la sous-région.

Pour sa première phase, douze pays d’Afrique francophones et anglophones (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Gambie, Ghana, Kenya, Niger, Nigeria, Tanzanie, Togo, Ouganda et Zambie) ont procédé à des recherches sur le thème : « l’évaluation des progrès accomplis dans le domaine de la qualité et le suivi des dépenses en matière d’éducation ». Leurs rapports ont été déposés en 2007 et ils ont donné lieu à un rapport régional.

La deuxième phase de l’étude a été lancée en 2008 dans quatre autres pays. Il s’agit de deux pays anglophones (Libéria, Sierra Léone) et de deux francophones (Mali, Sénégal). Ces pays ont choisi leur thème et l’étude a été déjà lancée dans l’ensemble de ces pays à l’exception du Mali.

Abdrahamane Dicko

26 Janvier 2009