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Dans un mémorandum qu’il a présenté à la presse, le 22 mai 2010, le réseau Yelen Bulon présente l’éducation des jeunes et des adultes comme un outil d’effectivité des droits humains. La création d’un fonds d’appui à l’éducation non formelle et la valorisation des langues nationales comme outil de travail des collectivités sont en ligne de mire du réseau.

L’éducation change le monde, a-t-on expliqué dans le mémorandum, car elle permet à l’individu de prendre conscience, de connaître son environnement physique, social, politique, économique et culturel.

Il est évident que l’un des premiers indicateurs de la pauvreté absolue est l’analphabétisme. Et 70 % de la population active malienne sont considérés comme analphabètes.

Dans nombre de pays en développement, les personnes non alphabétisées subsistent difficilement en marge de l’économie formelle, faute de poids politique. Elles n’ont accès ni à l’éducation, ni aux soins de santé, ni à un logement adéquat et vivent dans l’insécurité avec un revenu irrégulier et ne mangent pas à leur faim. Pour l’Unesco, l’alphabétisation est l’un des objectifs les plus négligés parmi les objectifs de l’éducation pour tous.

Le Mali est l’un des pays les plus grands du continent africain. Il se caractérise par un taux de croissance démocratique forte de 3,6 % par an, un taux de 46 % de jeunes de moins de 15 ans et une économie essentiellement dominée par l’agriculture. Pour le président du réseau Yelen Bulon, Ibrahim Ag Idbaltanat, ces caractéristiques placent notre pays dans une position de vulnérabilité face aux défis du développement.

L’on déplore que malgré les efforts consentis, le taux d’alphabétisation du pays n’est que de 29,6 %. «Avec ce taux, le pays court le risque de voir tous ses efforts de développement compromis si aucune disposition n’est prise pour donner à l’alphabétisation/éducation des adultes sa place de levier du développement durable», a insisté le réseau dans son mémorandum.

C’est à cet effet qu’il plaide pour la création d’un fonds national d’appui à l’éducation non formelle. Ce fonds servira, entre autres, à élargir les sources de financement de ce sous secteur de l’éducation.

Par ailleurs, l’Ong affirme que l’introduction des langues nationales dans l’élaboration, la conception et la mise en œuvre des outils de travail de nos collectivités décentralisées (état civil, plan de développement économique, social et culturel, budget, etc.) permettra une implication consciente de la population néo alphabète dans le processus de décision des collectivités territoriales.

Seydou Coulibaly

07 Juin 2010.