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En tant que partenaire de l’école et des parents d’élèves, l’enseignant ou l’éducateur se doit de veiller à sa mission première : assurer la qualité de l’enseignement et du système éducatif malien. C’est en cela que le Syndicat National des Travailleurs de l’Enseignement Secondaire (SYNTES), tout en affirmant son ouverture et sa disponibilité pour un dialogue constructif en faveur de l’école malienne, se désolidarise de certains procédés des hautes autorités de l’éducation.


Un dialogue de sourds

Dans une déclaration datée du 11 juin 2007 et déposée à notre rédaction le 19 juin 2007, le SYNTES alerte l’opinion nationale et s’insurge contre lesdits procédés, qu’il juge anti-conformistes et contraires aux normes pédagogiques. Entre le syndicat et le gouvernement, les négociations butent contre un cul-de-sac. A tel point qu’elles sont aujourd’hui apparentées à un dialogue de sourds. D’un côté, le gouvernement qui renie ses engagements, de l’autre, le Syndicat qui tient mordicus à les lui faire respecter.

Le 2 octobre 2006, un préavis de grève ; comportant sept points de revendication, est émis par le SYNTES. Une commission de réconciliation constituée à cet effet, échoue. Et la grève prévue pour les 18, 19 et 20 octobre, est observée. Cinq jours après, soit le 25 octobre 2006, un deuxième préavis de grève – de quatre jours, cette fois -ci – est lancé pour les 17, 18, 19 et 20 novembre 2006.

La commission de réconciliation siège, une nouvelle fois, les 7, 11 et 12 novembre 2006, au Département de l’Education Nationale. Si bien que deux des sept points du litige trouvent entière satisfaction. Et quatre autres font l’objet d’un accord entre le Syndicat et le gouvernement. Un échéancier est donc fixé pour honorer cet engagement gouvernemental.

La pomme de discorde reste donc un seul point de revendication. Ce qui n’empêche pas le Syndicat de suspendre son mot d’ordre de grève. Mais, surprise : une lettre (N°0112) est adressée au Secrétaire général du Syndicat, le 26 janvier 2007, par le Ministre de l’Education Nationale, qui notifie… le reniement des engagements pris par le gouvernement, depuis le 12 novembre 2006. Face à ce revirement inattendu, le Syndicat dépose un troisième préavis de grève de deux jours, pour le 29 janvier 2007, relatif aux quatre points qui avaient déjà été consentis par le gouvernement.

C’est qu’en dépit des travaux de la Commission de réconciliation et de la clarté de son procès -verbal, le constat est resté amer : aucun des engagements – pourtant tenus par le gouvernement depuis le 12 novembre 2006 – n’a été honoré.

Malgré tout, des négociations entre les deux parties sont prévues pour le 27 mars 2007. Mais cette date sera remisée, depuis, aux oubliettes. Ce qui contraindra le Syndicat à reconduire son dernier préavis de grève (celui du 29 janvier) dès le 3 mai 2007.

L’objectif était de relancer les négociations avec le gouvernement. Mais non seulement aucun accord n’est intervenu depuis, entre les deux parties, mais le Syndicat a remarqué une nette réticence du gouvernement. Une positon qui conduit le Syndicat à mettre à exécution son mot d’ordre de grève, les 22 et 23 mai 2007.

Des procédés anti-pédagogiques

Selon le SYNTES, tous ces préavis de grève étaient “assortis d’une rétention de notes”. Ainsi, depuis le 16 février 2007, certains établissements d’Enseignement Secondaire général et Normal retiennent les notes des 1er et 2e trimestres.

Comme pour aggraver cette situation, certaines directions de lycée se sont entêtées à produire des pré-bulletins. Un acte qui va à contre-courant de l’équité pédagogique, et qui pénalise surtout les bons élèves, dans leurs séries respectives.

De l’avis du SYNTES, de tels procédés compromettent toute une année de travail assidu et de sacrifices consentis, tant par les élèves que par leurs parents.

Le fait que les candidats réguliers composent sans avoir signé leurs moyennes annuelles comporte un risque grave : les résultats du BAC pourraient être proclamés sans l’apport de ces moyennes de classe. Autant d’enfreintes à la déontologie de l’Education, selon le SYNTES. Et pis, qui sont uniques dans toutes les annales du baccalauréat malien.

Oumar DIAWARA

20 juin 2007.