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L’école malienne est à la croisée des chemins. « Elle est vraiment malade », disait un vieux enseignant. Le candidat du Parena à la présidentielle d’avril 2007, Tiébilé Dramé, a fait aussi le constat amer et propose des alternatives pour sortir l’école de l’ornière, s’il est élu Président de la République.

Déjà dans son appel du 18 février au peuple malien, Tiébilé Dramé a invité tous ceux qui ont souci de l’école malienne et de l’avenir des enfants maliens à se joindre à lui pour mettre fin à la léthargie dans laquelle se trouve actuellement l’école par une alternance au sommet de l’Etat. « … J’invite tous les parents, tous les élèves et étudiants qui en ont assez des années scolaires tronquées, des années scolaires de quatre à cinq mois et qui souhaitent des années complètes de neuf mois d’enseignement scolaire et universitaire… à nous rejoindre pour imposer l’alternance et pour mieux préparer l’avenir« , disait le candidat du Parena, Tiébilé Dramé dans son appel au peuple malien.

Tellement préoccupés pour la question de l’école qu’ils trouvent sensible et capitale, le Parena et son candidat à la présidentielle ont décidé d’échanger avec les principales parties concernées lors d’une conférence débat le samedi dernier au Centre International des Conférences de Bamako sur « les défis et les exigences de l’école malienne« .

L’importance du thème a mobilisé, outre les militants et sympathisants du parti, les partenaires de l’école à savoir les élèves et étudiants, les enseignants, les parents d’élèves, les associations et syndicats de l’Education. Pour Tiébilé Dramé, l’état actuel de l’école malienne se passe de tout commentaire.

« Pendant que chaque citoyen malien constate cette situation désolante de l’école malienne, d’autres nous parlent d’une école apaisée et performante avec des années scolaires de quatre à cinq mois….« , indique le candidat du Parena qui s’interroge sur les avantages réels d’une telle situation.

« Est-ce que ce type d’école pourra bien servir les enfants du Mali ? Pouvait-il préparer les élèves face aux compétitions internationales, aux défis de la mondialisation et de l’intégration ? » Tiébilé Dramé affirme que non et propose des alternatives.

Il pense qu’il faut repenser l’école malienne par une véritable politique de formation et d’éducation adaptée aux exigences du monde de demain. Pour le candidat du Parena à l’élection présidentielle, le véritable problème de l’école malienne est l’immobilisme de l’Etat qui ne fait que tourner autour des enjeux majeurs.

C’est pourquoi, il propose déjà à ses interlocuteurs de se débarrasser de ce système qui a montré toutes ses limites. « Il faut sortir de l’immobilisme, il faut avoir le courage de reformer. C’est à cela que je m’engagerais si je suis élu le 29 avril 2007 Président de la République« , martela Tiébilé Dramé.

Dès juin 2007, Tiébilé Dramé se propose de prendre le taureau par les cornes en ouvrant les chantiers majeurs du redressement et de la renaissance du Mali. S’agissant de l’école, le président Dramé se propose d’engager la réforme à partir de simples mesures et cela en concertation avec l’ensemble des parties prenantes.

Toutes les dispositions, disait-il, seront prises pour assurer 9 mois de cours à l’ensemble des élèves et étudiants. Il envisage de remettre le Mali au coeur de l’école en exigeant le chant de l’hymne national tous les jours ouvrables à 7 h 30 mn dans toutes les écoles maliennes, du fondamental à l’université et de Kayes à Kidal.

Il s’agit pour le président Tiébilé Dramé d’attirer l’attention de chaque Malien et des jeunes générations sur la notion de patrie qui doit être au coeur de chacun d’eux. Au-delà de ces mesures simples, le président Dramé envisagera d’engager une véritable réforme qui consistera à mettre l’enseignant au centre de l’école.

« Les formateurs doivent être au coeur de l’école. Il faut restaurer leur autorité et leur crédibilité car les enseignants sont l’exemple à suivre. Ils ont été la grande victime du système actuel« , a affirmé le candidat du Parena à l’élection présidentielle qui propose d’ores et déjà de préparer l’enseignant à ses nouvelles responsabilités à travers un contrat.

Le Mali, disait-il, ne relèvera pas le défi de l’intégration et de la mondialisation sans une école de qualité avec des élèves bien formés et des enseignants responsables. C’est pourquoi, Tiébilé propose un partenariat avec l’ensemble des parties prenantes pour une école de qualité, s’il est élu Président de la République.

Dans ce contexte, il dit placer son mandat sous le signe de l’action consciente et déterminée. « Il faut sortir de l’immobilisme des années ATT, du surplace, de l’inaction et du contournement des problèmes. Si je suis élu, le Mali tournera définitivement le dos à l’immobilisme« , indiqua le candidat Tiébilé Dramé.

Les différents intervenants n’ont ménagé ni leur temps, ni leur monture pour conforter le candidat Tiébilé Dramé dans ses propos. Ils ont eux aussi dressé un tableau très sombre du système éducatif malien. Si les uns et les autres reconnaissent que des efforts ont été fait dans la réalisation des infrastructures, ils affirment à l’unanimité que la qualité de l’enseignement a pris un coup avec ses lots d’humiliation des enseignants.

Quand l’enseignant Lassana Kéïta donne raison à Dramé en disant : « l’école malienne est agonisante« , son collègue plus pessimiste Cheickna Dramé enfonce le clou en affirmant : « l’école malienne est plutôt morte« . Des témoignages qui lèvent le voile sur l’état de démotivation du corps enseignant.

Voici pourquoi le candidat du Parena, Tiébilé Dramé demande à l’ensemble des partenaires de l’école de suivre son regard pour qu’en juin 2007, il puisse mettre fin à l’immobilisme et mettre l’école sur les rails.

I. Maïga

10 avril 2007.