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« Avec l’intégration des contractuels dans la Fonction Publique d’Etat et des Collectivités, c’est un pas important franchi dans la résolution des problèmes qui perturbent l’école. Mais il faut que toutes les parties prenantes apportent leur contribution à la mise en oeuvre des recommandations du Forum National sur l’éducation ». C’est le cri du cœur que Modibo Sidibé a lancé, au cours de son audience avec la Coalition de la Société Civile pour l’éducation pour tous, la semaine dernière.

Le Premier ministre a reçu en audience, le 23 avril dernier à la Primature, une délégation de la Coalition de la société civile pour l’éducation pour tous. La délégation se souviendra toujours de cette rencontre car c’est au cours de celle-ci que Modibo Sidibé a appris à ses visiteurs la bonne nouvelle : le Conseil des Ministres qui s’est tenu le matin même sous la présidence du Chef de l’Etat, a décidé du principe de l’intégration des agents contractuels à la Fonction Publique d’Etat et à la Fonction Publique des collectivités territoriales. Ainsi, près de 40 206 agents seront bientôt intégrés.

Cette décision vient à point nommé à un moment où certains syndicats d’enseignants, qui militent activement pour l’intégration des contractuels à la Fonction Publique, entre autres revendications majeures, menacent d’aller en grève.

A point nommé parce qu’au cours de la même audience, le Premier ministre a reçu, des mains de la Présidente de la Coalition et au nom du chef de l’Etat, le « grand dossier » de la coalition de la société civile pour l’éducation pour tous, relatif à l’avenir de l’éducation non formelle. Une opportunité pour réagir à la situation de l’école et notamment à la mise en oeuvre des recommandations du Forum national sur l’éducation.

En se félicitant de l’adhésion de l’ensemble des acteurs du système éducatif à la démarche de sortie de crise de l’école préconisée par le Gouvernement à travers le Forum National sur l’éducation, le Premier Ministre a rappelé que déjà, la part du Budget d’Etat allouée à l’éducation se situe au-delà de 33% des charges récurrentes.

S’agissant plus spécifiquement des efforts déployés en faveur de l’éducation non formelle, il rappellera qu’en application des actions vigoureuses promises par le Président de la République, le Gouvernement a mis en œuvre un programme de réalisation de 1278 Centres d’Education pour le Développement (CED) pour un effectif de 30449 apprenants dont 47% de filles.

En application des recommandations du Forum National sur l’Education, il est prévu en cours d’année 2009 la création de la Direction Nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales, la mise en place d’un mécanisme de financement de l’éducation non formelle et aussi la création de centres de formation qualifiante pour les finalistes des CED et des CAF (centre d’alphabétisation fonctionnelle).

Les recommandations du forum, une affaire de tous

La mise en œuvre des recommandations issues du Forum national sur l’éducation concerne tous les acteurs, estime le Premier Ministre, « il nous faut nous attaquer de façon forte, mais aussi durable à la question de l’alphabétisation. C’est cela aussi le sens du Forum national sur l’éducation ». Mais la mise en application des recommandations nécessite que tous se sentent concernés par l’avenir de l’école.

Appelant les uns et les autres à davantage de sens des responsabilités par rapport à la mise en œuvre des recommandations issues du forum, Modibo Sidibé a insisté sur la nécessaire implication de toutes les parties concernées : « Il est impératif que tous, de la coalition pour l’école, nous fassions extrêmement attention afin que les problèmes conjoncturels ne viennent masquer l’approche structurelle des questions éducatives. Nous sommes à un tournant décisif pour notre école »

Aujourd’hui, le Gouvernement vient d’adopter l’intégration des enseignants contractuels, à la fonction publique de l’Etat et à la fonction publique des collectivités territoriales a-t-il ajouté, en affirmant que toutes les questions conjoncturelles seront traitées.

Des entretiens sont en cours avec les syndicats pour une prime spéciale de responsabilité. Toutes ces mesures auront une incidence financière significative pour l’Etat, dans un contexte de raréfaction des ressources. Le Gouvernement est en faveur d’un dialogue responsable avec toutes les parties prenantes. Aussi il importe donc, qu’à ce moment, tous les efforts soient tendus vers cet objectif principal qu’est la refondation de l’école.

« Oui à l’école comme priorité nationale, a-t-il affirmé. Mais il ne faut pas que quand on est tous engagés dans la construction de la maison commune, certains soient en train d’arracher le toit ou les fenêtres ! Il nous faut tous aller dans le même sens. Mais si on demande à l’Etat de mettre en oeuvre les recommandations du Forum, il faut que toutes les parties prenantes appliquent leur part dans les reformes indispensables à venir. Au moment où des efforts sont faits pour satisfaire des revendications, on ne peut pas continuer à faire la rétention des notes, ou refuser de procéder aux évaluations. »

Interpellant la société civile dont le rôle a été important dans la tenue du Forum national sur l’éducation, le Premier Ministre a jugé inadmissible que les familles restent indifférentes aux sorties intempestives des enfants. Sans une réelle implication de tous les acteurs de l’école, aucune avancée notable ne sera possible, a conclu le Premier Ministre.


27 Avril 2009