Partager

Deux commissions interministérielles travailleront désormais à la revalorisation de la profession d’enseignant, a promis le Premier ministre Modibo Sidibé, jeudi dernier, à la suite d’une réunion avec les partenaires de l’école. Pourtant, jusqu’à ce jour-là, des syndicats enseignants avaient subitement radicalisé leur position, alors que le gouvernement s’était mis d’accord avec eux pour appliquer les recommandations du forum national sur l’éducation au plus tard en décembre 2010.

Qu’il s’agisse de l’adoption d’une loi sur le statut de l’enseignant chercheur ou des indemnités de logement, pour ne citer que ces deux revendications, les syndicats enseignants s’impatientent face à la lenteur de l’application de certaines recommandations du forum sur l’éducation.

Mais le 15 avril dernier, à la Primature, le Premier ministre, Modibo Sidibé, a annoncé que deux commissions interministérielles vont plancher dorénavant sur toutes les doléances qui entrent dans le cadre des recommandations de ce forum.

En plus des syndicats d’enseignants, il y avait à cette rencontre les différents ministres impliqués dans les Commissions interministérielles, dont les ministres de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de l’Economie et des Finances, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Il reste à savoir si cet appel du pied du gouvernement assouplira la tendance radicale des syndicats. En tout cas, Tibou Telly, Secrétaire général du Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec), a promis un assouplissement de sa position: « Nous osons encore une fois faire confiance au gouvernement et aller discuter franchement dans ces conditions pour sortir quelque chose de concret. Nous avons nos préoccupations et en bien des endroits, nous sommes convergents.

C’est vrai, on a un autre démembrement, c’est notre section de l’enseignement supérieur, qui, déçue, est allée en grève. Maintenant, on va faire le relais, le feed back, au niveau de notre bureau exécutif pour dire que nous, nous avons engagé notre organisation ».

Même son de cloche du côté de Soumana Kalapo, responsable du collectif des syndicats de l’éducation. « Nous pensons qu’ils sont en train de faire un pas. Parce que quand ils proposent que les négociations vont s’ouvrir nous croyons quand même que c’est le début de quelque chose. La rencontre exprime la volonté du gouvernement de nous comprendre, de ne rien refuser, et que dans les jours proches il y aura des négociations », a déclaré Kalapo.

Ces propos des autres syndicalistes tranchent avec le ton guerrier d’Abdou Mallé, secrétaire général du syndicat national de l’enseignement supérieur: « Plus d’un mois, le SNESUP demande au gouvernement à ce qu’on s’asseye à la table de négociation pour relire les textes à savoir : le statut du personnel enseignant chercheur; afin que nos points de revendications soient pris en compte.

Parce que les points à savoir : l’alignement des salaires, la mise en place de la nouvelle hiérarchisation, l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire, ces trois points sont d’ordre statistiques.

Qu’il mette en place une ou des commissions interministérielles, cela n’est pas une fin en soi, mais la finalité attendue est que nous ayons en mains les textes finaux. C’est-à-dire des lois adoptées avec les décrets et les arrêtés d’application.

Le SNESUP continue la grève jusqu’à l’obtention de ces textes. Ils peuvent prendre le temps qu’il faut, le temps qu’ils veulent mais nous, nous sommes en grève ».

Il y avait un espoir au début de l’année. Plus d’un an après la tenue du forum national sur l’éducation où des recommandations avaient été faites afin que l’école malienne ne connaisse plus des situations de blocage, le monde scolaire est toujours malheureusement paralysé par des grèves.

Le but de la rencontre convoquée par le Premier ministre est d’apporter des arguments aux enseignants pour qu’ils arrêtent les grèves en cours qui touchent tous les ordres d’enseignement. «Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste encore à fournir beaucoup d’efforts pour appliquer intégralement le reste des recommandations du forum sur l’éducation. Cela ne pourrait se faire tant que l’école est dans la torpeur», avait dit Modibo Sidibé.

Soumaïla T. Diarra

19 Avril 2010.