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Tous les ordres d’enseignements, du primaire au supérieur, sont dans cette dynamique d’arrêt de travail à l’appel, d’une part, du syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), et d’autre part, du collectif des syndicats de l’éducation qui regroupe le Snesup, la Coses, la Fen, la Fenarec et le Snep. Ces deux instances ont tenu respectivement une conférence de presse, les 28 et 29 avril 2009 pour annoncer leur décision d’aller en grève. Les préavis ont été déposés, pour le collectif le 14 avril et pour le Snec le 20 avril. «Notre démarche ne veut pas dire un boycott de l’année scolaire» a souligné le secrétaire général du SNEC, Tibou Telly, qui met en doute la volonté du gouvernement à gérer les problèmes scolaires.

Le secrétaire général de la Coses, Tiémoko Dao a indiqué que «si l’Etat veut nous entraîner sur le terrain de boycott des examens, nous n’accepterons pas que le scénario de l’année dernière se répète [NDLR : évaluations sans les enseignants]». Séparément, l’enseignement secondaire envisage le principe de participation aux évaluations mais de rétention des notes d’examen, la Fen n’exclu pas le boycott des examens notamment au primaire, mais l’unité d’action des syndicats peut les amener à l’unité d’action. «On s’est organisé et on va frapper très dure», a avertis Abdou Mallé, secrétaire général du Snesup. Les enseignants estiment que les autorités maliennes ont délibérément mis leur corporation dans la précarité.

Le collectif des syndicats de l’éducation demande notamment la relecture immédiate du décret fixant la composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation, l’octroi d’un siège aux syndicats d’enseignants, le respect de la liberté syndicale notamment dans l’enseignement privé et de la recherche, l’octroi d’une indemnité de logement aux enseignants du secondaire et du fondamental et l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique de l’Etat.

Les efforts entrepris par le gouvernement pour la mise en œuvre des recommandations du forum national sur l’éducation se révèlent de plus en plus dérisoires aux yeux des enseignants. Ils croient à une «négligence manifeste des autorités dans le traitement des doléances des syndicats de l’éducation». Dans une déclaration le collectif des syndicats de l’éducation se désolidarisent de la décision du gouvernement d’intégré séparément les enseignants contractuels dans deux fonctions publiques : celle de l’Etat et celle des collectivités.

Par ailleurs, le collectif exige la mise œuvre des recommandations du forum national sur l’éducation en commun accord avec les syndicats par l’élaboration d’un chronogramme d’exécution.

Le Snec a principalement les mêmes revendications que le collectif mais contient également des spécificités liées à la jeunesse et à la culture. Ce sont, la majoration de la prime d’animation allouée aux agents des ministères de la jeunesse, des sports, de la culture, de l’artisanat et du tourisme en remplacement des primes de logement, l’octroi de prime de risque aux personnels administratifs, Le syndicat demande également l’élaboration d’un plan de carrière pour les agents de la jeunesse, des sports, de la culture, de l’artisanat et du tourisme, et l’organisation d’un concours d’agrégation au niveau de l’enseignement secondaire. Le syndicat exige aussi la relecture du décret du 17 novembre 1975 fixant le taux des heures supplémentaires et la prime allouée à des responsables de l’administration scolaire.

L’octroi de prime de risques aux agents de l’éducation préscolaire et spéciale, le paiement des rappels aux contractuels de l’éducation préscolaire et spéciale, l’indexation du salaire des animatrices de la petite enfance à ceux de la catégorie D, le reversement des retenues sur le salaire des mois d’août et septembre 2008 des militants SNEC de l’enseignement supérieur et enfin l’application du règlement intérieur des facultés, font aussi partie des doléances du syndicat

Seydou Coulibaly

Le Républicain du 30 avril 2009