Partager

jpg_1919_5.jpg
Les motifs de cette situation étonnante varient. Pour certains c’est parce qu’ils n’ont pas encore reçu de fournitures. D’autres imputent des demandes de transfert, de réorientation ou de régularisation non encore satisfaites.
Depuis deux ou trois semaines, de nombreux établissements secondaires publics grognent parce que les fournitures tardent à venir.

Le petit stock qui avait été distribué n’a pas servi à grand-chose. Ceux qui avaient reçu des cahiers n’en ont eu que deux ou trois, alors qu’il faut pour l’année au moins une vingtaine de cahiers à chaque élève de cet ordre d’enseignement.

Le retard enregistré dans la distribution des cahiers s’explique pourtant. Cette année la valeur du marché pour la confection des cahiers dépassait largement le milliard de Fcfa. Lorsque c’est le cas, l’attribution est soumise à une procédure qui dépasse le seul ministre de l’Education.

Le présent marché estimé à 1,7 milliard Fcfa a été attribué à Graphic industrie. Il y a deux jours, cette société assurait avoir fabriqué l’essentiel de la commande et promettait d’acheminer par ses propres soins les stocks destinés à chaque région. Le directeur administratif et financier du ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique, Bréhima Sanogo, qui s’est personnellement rendu à la fabrique lundi, confirme que les stocks sont très importants. La crise de fournitures ne sera donc qu’un mauvais souvenir dans quelques jours.

« Les cahiers sont fabriqués en nombre suffisant et parviendront sans tarder à leurs destinataires« , promet l’argentier. Bréhima Sanogo précise à ce propos qu’en fait de fournitures, il s’agit de celles destinées aux élèves des écoles publiques, les élèves des écoles privées devant être dotés par les promoteurs de ces structures auxquels l’état paie les frais de fournitures.

Suivant les filieres: Un élève régulier orienté dans un lycée privé coûte à l’Etat 80 000 F par an. Cette allocation varie de 85 000 à 135 000 lorsqu’il s’agit du privé technique et professionnel. Ainsi suivant les filières, un élève du Cap tertiaire coûte annuellement à l’Etat 90 000 Fcfa et 110 000 Fcfa s’il s’agit du Cap industrie. L’allocation du BT tertiaire est aussi de 110 000 Fcfa alors que pour le BT agro pastoral, le BT industrie tout comme le Bac technique, il s’élève à 135 000 Fcfa.

Il y a deux semaines, les détenteurs du DEF de l’année 2007-2008 omis à l’orientation ou orientés dans une filière qui n’est pas celle de leur choix ou encore orientés très loin du lieu de résidence de leurs parents, ne savaient plus à quel saint se vouer. Munis de leur demande qu’ils devaient déposer avant la fin de ce mois , ils étaient régulièrement priés de retourner à la maison jusqu’à nouvel ordre. Que s’était-il passé pour que l’on arrête d’examiner les demandes de transfert ou de réorientation ?

Le cabinet du ministre Amadou Touré avait découvert une embrouille d’une grande ampleur. Elle consistait à encourager un nombre très important d’élèves à transférer des structures publiques pourtant normales vers des écoles privées montées à la va-vite dans des locaux de fortune. Ce tour de passe-passe a cours depuis plusieurs années et a, semble-t-il, atteint son paroxysme, il y a trois ans. Dans de nombreux lycées privés nettement moins bien lotis que les écoles publiques, on comptait pourtant plus d’élèves orientés ou transférés.

Cette année, quelques 600 faux élèves réguliers ont été découverts dans deux écoles privées auxquelles le ministère a refusé d’affecter de nouveaux orientés. Défaire la pelote des responsabilités s’annonce compliqué. Au cabinet du ministère, on soupçonne des responsables de l’administration scolaire publique d’être les complices des promoteurs indélicats. Pour mettre un terme à ces pratiques détestables, le ministre Amadou Touré avait installé une commission chargée d’élaborer de nouveaux textes fixant les critères de transfert ou de réorientation etc. Les travaux de dépouillement avaient donc été suspendus en attendant l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions.


Pour des raisons précises.

Un arrêté datant de quelques jours réglemente désormais le transfert, la réorientation et la régularisation des élèves titulaires du DEF dans les établissements d’enseignement secondaire.

Le transfert n’est ainsi autorisé que pour des raisons précises : mutation ou déménagement du père ou du tuteur légal, nécessité de demeurer près d’un centre hospitalier spécialisé, éloignement de l’école du domicile des parents ou tuteurs. Le dossier de transfert comprend outre une demande timbrée à 200 Fcfa signée de l’élève et contresignée par le père ou le tuteur et visée par le directeur d’académie, une copie de l’acte de mutation ou le certificat de résidence du père ou du tuteur légal. Le dossier médical est indispensable au cas où le transfert est motivé par une raison de santé.

Le dossier est déposé à l’académie dont relève l’école d’orientation du demandeur. Les transferts inter-régions ou inter-académies sont réglés par le directeur national du type d’enseignement secondaire concerné. L’élève est transféré dans sa série ou dans sa filière dans la limite des places disponibles de l’établissement d’accueil et aucun élève en transfert ne peut être reçu s’il n’est muni d’un acte administratif : note de service ou décision. Enfin tout transfert d’un établissement public vers un établissement privé est strictement interdit « sauf cas de force majeure ».

La réorientation est-elle faite par la cellule de planification et de statistique (CPS) ? Le dossier de réorientation comprend la fiche de demande de réorientation visée par l’académie. Un élève orienté dans le secondaire général peut demander à être réorienté dans le technique et professionnel et vice versa, s’il remplit les conditions.

La régularisation, elle, ne s’applique qu’aux cas de contestation d’orientation ou de non orientation. La demande de régularisation est formulée dans les cas où on décèle une erreur matérielle dans la date et le lieu de naissance, la scolarité, les prénoms et noms, le sexe de l’élève, s’il y a substitution par erreur dans la filiation ou une erreur dans la moyenne stricte obtenue au DEF. Ce dossier est constitué d’une demande de régularisation signée par l’élève, contresignée par le père ou le tuteur et visée par le directeur de l’académie.

A cela on y joint une photocopie du carnet scolaire au besoin, authentifiée par le DCAP, la confirmation de la moyenne stricte obtenue au DEF par le directeur du Centre national des examens et concours. Un acte d’état civil relatif à la filiation exacte de l’élève au besoin et une copie certifiée conforme de l’équivalence du diplôme le cas échéant complètent ce dossier. La régularisation est elle aussi faite par la CPS.

Toutes ces demandes (transfert, réorientation, régularisation) doivent être déposées dans les 30 jours qui suivent la publication des orientations.


C. DIAWARA

12 Novembre 2008