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En honorant ses majeurs des promotions 2006, 2007 et 2008, l’école a voulu prouver qu’elle existe toujours et qu’elle a plus que jamais sa place dans le système d’enseignement. Rarement l’École normale supérieure aura vécu une cérémonie aussi solennelle que celle d’hier : la remise officielle des diplômes aux majors de ses promotions 2006, 2007 et 2008.

L’imposante cérémonie était présidée par le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique et s’est déroulée en présence de plusieurs autres membres du gouvernement et d’éminents professeurs d’enseignement supérieur.

Au total, l’École normale supérieure a voulu ainsi honorer les 44 majors des 12 filières : allemand, anglais, arabe, histoire-géographie, biologie, physique-chimie, russe, sciences, lettres-histoire-géographie, mathématique, psycho-pédagogie, philosophie.

Le directeur général de l’ENSUP, Bouba Diarra, ne pouvait espérer meilleure opportunité pour confirmer que l’établissement « existe toujours« . Le rappel a son importance. En effet, a expliqué Bouba Diarra, avec l’ouverture de l’Université de Bamako, précisément de la Faculté des sciences et techniques (FAST) et celle des lettres, langues, arts et sciences humaines (FLASH), l’École normale supérieure a beaucoup perdu de sa splendeur d’antan et en terme de lisibilité pour nombre de Maliens, y compris des élèves et étudiants.

Pourtant l’établissement, a noté son directeur général, est l’unique structure de formation des enseignants pour l’enseignement secondaire général et l’enseignement normal. Mais il dépérit d’année en année, faute d’une bonne politique d’accès et de formation.

La cohabitation avec la FLASH dans les salles de classes a ajouté à la confusion et convaincu nombre de Maliens que l’ENSUP n’existait plus. De surcroît, peu d’étudiants des deux facultés (FLASH et FAST) intègrent l’ENSUP après le licence. Or, conformément aux textes en vigueur, l’École normale supérieure doit recruter actuellement à partir de la licence de la FLASH, pour la filière de professeurs d’enseignement secondaire.

« Les nombreuses séances de sensibilisation n’ont pas apporté d’amélioration à certaines filières qui manquent cruellement aujourd’hui d’étudiants« , a souligné le directeur général de l’ENSUP. Il s’agit, entre autres, des filières lettres, maths, physique-chimie, sciences de la vie et de la terre, philosophie. Au final la crise d’enseignants dans ces spécialités est notoire dans les lycées, les instituts de formation de maîtres (IFM) et autres établissements d’enseignement secondaire.

Malgré les difficultés, l’école ambitionne donc l’ouverture très prochaine d’une filière de professeurs pour les IFM avec une formation plus adaptée des enseignants à la formation des formateurs.

Par ailleurs, dans le souci constant de former des enseignants de qualité, de nouveaux modules de formation professionnelle, en plus des modules de spécialité, seront dispensés à tous les étudiants. Cela indépendamment de la filière de formation et l’option choisie. On retiendra, à ce propos, l’éthique de la profession enseignante, (la déontologie, la morale professionnelle), les méthodes d’évaluation des apprentissages, la pédagogie, la psychologie, la didactique, le micro-enseignement, la législation et l’administration scolaire.

Le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Touré, a indiqué que cette fête des enseignants vise à aider à la renaissance de l’ENSUP. En effet, selon des informations, depuis 2006, les différentes promotions de l’ENSUP ne reçoit plus leurs diplômes de fin de cycle. A la place de ces diplômes, les étudiants reçoivent de simples attestations provisoires.

« Face à cette situation, a jugé le ministre Touré, il nous faut prendre des initiatives pour redonner à l’ENSUP tout la place qui doit être la sienne, susciter des vocations et encourager ceux qui se consacrent au métier d’enseignant« . Amadou Touré a annoncé, pour les mois à venir, des réformes destinées à pallier les multiples insuffisances.

A ses jeunes collègues récipiendaires, le ministre (professeur lui-même) a souhaité la bienvenue dans la grande famille des enseignants, avant de paraphraser le président de la République (qui fut lui aussi enseignant) qui a estimé que « ce métier est sans parti pris et sans nul doute le plus beau et le plus noble du monde« .

Cependant, a-t-il poursuivi, « il faut l’exercer avec amour, compétence, don de soi, esprit de responsabilité et sens de l’exemplarité ».
De nombreux d’artistes dont Mah Kouyaté n°1 (enseignante de formation) ont pris part à la cérémonie qui était sponsorisée par Sotelma/Malitel. Cette société a remis un kit à chaque lauréat.

La fête a pris dans l’après-midi par une conférence-débat et un cocktail organisé par l’ENSUP en l’honneur des 400 étudiants des trois promotions.


P. MBEN

Essor du
04 Novembre 2008