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Dans un communiqué dont nous avons pris connaissance le 6 mars dernier lors d’un point de presse de la Fédération de l’éducation nationale (Fen), « le bureau national de la Fen demande à toutes ses structures régionales, locales et communales et aux syndicats fédérés de boycotter les ministres en charge de l’Education, et ce jusqu’à nouvel ordre ».

Les deux ministres étaient accusés de « négligence et de mépris » vis-à-vis des enseignants. Surtout que lors de sa marche sur le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de Recherche scientifique, la Fen avait déploré n’avoir été accueillie que par le chef de cabinet. Elle n’arrivait pas aussi à digérer l’absence de Sidibé Aminata Diallo, qui, aux dires du syndicat, depuis sa prise de fonction, n’avait daigné rencontrer la Fen, pourtant bien représentée au niveau de l’enseignement fondamental.

Tout cela appartient aujourd’hui au passé. Car les deux protagonistes ont fumé le calumet de la paix. Conscient que les défis sont énormes pour remettre l’école sur les rails et qu’un bras de fer n’arrange pas la nation, le département du MEBALN n’a pas hésité à rencontrer la Fen. Aussi a-t-elle voulu agir dans la logique prônée par son premier responsable. « L’école malienne est en retard et tous nos pays voisins nous ont dépassés. Si nous ne nous battons pas ensemble pour que l’école marche, nous aurons perdu car la concurrence qui nous entoure ne dit pas son nom », répétait la ministre lors d’une de ses tournées à l’intérieur du pays.

Ouvrant les débats, le secrétaire général du MEBALN, Aboubacrine Alpha, a souligné toute l’importance que son département accorde aux enseignants : « Nous sommes conscients du rôle incontournable des enseignants dans l’école. Et le dialogue ne peut en aucun cas être interrompu entre le ministère et un syndicat d’enseignants ». Par rapport à l’absence du département à la marche de la Fen, le secrétaire général dira que « ce n’est ni une négligence ni une ignorance de la Fen, mais il y avait un événement parallèle ».

Comme pour signifier que son département regrette cette rupture de dialogue, Aboubacrine Alpha ajoutera que « si nous avions su que notre absence serait interprétée de cette façon, nous aurions été présents ».

Appelant ses interlocuteurs à « faire une croix » sur cette affaire, il a invité le syndicat à reprendre sa collaboration avec son département et à faire en sorte que l’école malienne puisse « retrouver le bon chemin ».

Se montrant réceptif, le secrétaire général de la Fen, Youssouf Ganaba, à la tête d’une délégation, s’est dit disposé à oublier le passé et à faire front commun avec le MEBALN pour le futur. « Nous étions un peu sur les nerfs, mais le plus important est l’avenir. L’école est aussi notre préoccupation et nous sommes disposés à accompagner l’Etat », a promis M. Ganaba. Toutefois, a-t-il averti, la Fen vérifiera « la bonne foi de l’Etat » pour une collaboration franche.

D’ores et déjà, le secrétaire général du MEBALN, Aboubacrine Alpha a assuré que la situation des contractuels du fondamental, qui sont en grève depuis quelques jours, est en bonne voie.

Souhaitons que ces retrouvailles fassent des émules, et que le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et la Coordination syndicale des enseignants du secondaire (Coses) s’en inspirent pour le déclic tant attendu au niveau du l’enseignement secondaire.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

18 avril 2008.