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Le Programme national d’éducation à la citoyenneté 2005-2006, lancé jeudi, par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, est l’héritier de la Campagne nationale d’éducation civique menée par le département et ses partenaires à la veille des élections communales de mai 2004.

A travers six volets, (télévisuel, boîtes à images, jeunes citoyens, mariages collectifs, vidéo, radio), le Pnec s’adresse à toute la population, mais vise particulièrement les femmes et les jeunes et crée des espaces de dialogue entre les citoyens et l’Etat sur leurs droits et devoirs respectifs et sur les valeurs qui fondent leur appartenance au Mali d’aujourd’hui.

L’ambition affichée par le Programme est de former les citoyens afin qu’ils comprennent leur environnement politique et juridique, adhèrent aux valeurs démocratiques et se montrent capables d’actions d’engagement et d’action transformatrice dans leur milieu.

Concrètement, il s’agit de faire acquérir par les Maliens des connaissances civiques, de développer en eux des habilités, des attitudes et des valeurs leur permettant de participer à la construction d’une démocratie juste et équitable.

Selon le coordonnateur du Programme, Sounkalo Cissouma, le développement des connaissances civiques consiste en ce que les citoyens comprennent leur environnement politique et se l’approprient. Le développement d’habilités implique que les citoyens utilisent leurs connaissances civiques, leurs attitudes et valeurs civiques pour améliorer leur participation dans le processus politique qui inclue à la fois l’action en groupe, la surveillance et l’influence des politiques.

A ses dires, le Pnec dans ses différents sketches, courts-métrages, micro trottoirs, et autres outils d’éducation à la citoyenneté tente de dénoncer les tares de notre société, de fustiger les insuffisances dans les relations entre les citoyens d’une part et entre les citoyens et leur société, leur collectivité, l’Etat et les institutions, d’autre part.

En retour, le Pnec enseigne des vertus, propose une bonne éthique, une déontologie, une morale populaire et incite les Maliens à quitter le cercle vicieux pour créer et intégrer un cercle vertueux, c’est-à-dire l’espace où les libertés publiques et individuelles sont respectées, où le citoyen connaît les procédures et bénéficient des actes d’Etat civil et où les décideurs conscients de leur rôle de décideur l’exercent pleinement.

Pour M. Cissouma, ce cercle vertueux est aussi cet espace où le citoyen conscient de son rôle de contribuable et de contrôleur, s’acquitte correctement de ses impôts et taxes et exige la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dans sa phase actuelle du programme, 28 thèmes d’émission constitueront l’ossature du volet télévisuel. Quant à la campagne radio, elle impliquera 50 radios locales. Avec la boîte à images, 3500 villages et fractions bénéficieront de séances d’animation de proximité. Les séances de projection vidéo concerneront 180 villages à raison de 2 projections par village. Pour ce qui est du projet jeunes citoyens, il mettra en compétition 9 à 10 lycées autour des problèmes de citoyenneté préoccupant les communautés au niveau local. Le volet des mariages collectifs sera exécuté dans 9 communes tests, soit une commune par région.

Denis Koné

18 août 2006.