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L’entreprise envisage la location dans les semaines à venir de centrales pour une puissance totale de 58 mégawatts, la poursuite de la réparation des centrales en panne et diverses autres mesures.

Réunis pour sa 31è session ordinaire, le conseil d’administration de la société Énergie du Mali (EDM) a passé, hier, en revue la situation actuelle de l’entreprise qui fait face à un déficit de production récurrent consécutif à des contraintes multiples. Les travaux se sont déroulés dans les locaux du conseil sous la présidence de Ousmane Issoufi Maïga, son président. C’était en présence du directeur général de EDM, Tidiani Keita, et de l’ensemble des administrateurs.

Cette session intervient dans un contexte marqué au double plan national et international par des soubresauts qui n’ont guère favorisé la mise en œuvre effective du plan d’actions de redressement de la société, a rappelé le président du Conseil d’administration. L’éclatement de la crise consécutive à l’occupation des grandes villes du nord, notamment Gao, Tombouctou et Kidal, a contraint les travailleurs de l’entreprise à un repli vers le sud du pays.

Cet « abandon forcé de poste » n’a pas été sans conséquence pour le patrimoine de l’entreprise fortement détérioré à ce jour. Aujourd’hui, EDM se démène à recoller les morceaux. Une procédure d’évaluation de cette détérioration en vue d’une prise en charge dans les meilleurs délais est en phase d’achèvement, a annoncé Ousmane Issoufi Maïga. Il a salué l’accompagnement de l’Agence française de développement dans les villes de Tombouctou, Mopti et Sévaré. Dans cette même dynamique, la société continue à rechercher des financements pour la réhabilitation des équipements des centres de Gao, Kidal et des autres centres isolés touchés par la crise.

Comme si cela ne suffisait pas, divers incidents et pannes sont venus compromettre davantage le fonctionnement normal de plusieurs centres, réduisant considérablement la capacité productive de EDM. Du fait de ces situations, la fourniture de service d’électricité a connu des perturbations, occasionnant des désagréments à la clientèle. Ces perturbations résultent, selon Ousmane Issoufi Maïga, plus spécifiquement de la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment la crise institutionnelle et sécuritaire, les problèmes d’approvisionnement en combustible, l’indisponibilité du 4è groupe de la centrale BID à Balingué, la baisse de la production de la centrale SOPAM à Sirakoro-Méguétana.

A cela il faut ajouter la forte hausse de la demande d’électricité (+14% par rapport à 12% pour une prévision budgétaire de 8%) ; la panne d’un groupe et l’arrêt d’un autre pour maintenance majeure à Manantali pour une puissance de 80 mégawatts.

L’arrêt de plusieurs groupes de la SOPAM, la panne d’un groupe de Sélingué, la baisse de la part des importations sur l’interconnexion Mali-Côte d’Ivoire suite aux problèmes que ce pays connait au niveau de sa production, les difficultés dans la mise en exploitation de la centrale hydroélectrique de Félou à cause des divergences entre Eskom et Sogem privent EDM de 110 mégawatts, un peu plus de la moitié des besoins énergétiques.

Ces difficultés n’entament pas pour autant la volonté d’EDM de remplir sa mission de service public. L’entreprise envisage la location dans les semaines à venir de centrales pour une puissance totale de 58 mégawatts et la poursuite de la réparation des centrales en panne.

La réduction des pertes techniques sur les réseaux de transport et de distribution, la mise en place de compteurs intelligents pour mieux lutter contre la fraude, la mise en œuvre des projet relatifs à l’interconnexion avec le Ghana via le Burkina Faso et l’aménagement hydroélectrique de Kénié et de Gouina prévu pour 2017, la promotion de l’énergie renouvelable sont autant de mesures qui permettront, à moyen terme, d’améliorer le service de fourniture d’électricité dans notre pays.

A long terme, une politique d’orientation stratégique tant au niveau de la société qu’au plan national, est en cours d’implémentation. La diversification des sources d’approvisionnement, le développement des énergies renouvelables, l’interconnexion et le basculement progressif de la production des centres isolés vers les technologies hybrides à l’image des projets pilotes de Ouélessébougou, Koro, Bankass et Tominian assureront une sortie définitive de la crise, a estimé Ousmane Issoufi Maïga.

Au plan financier, le total des produits connait une progression de près de 9%, soit 133 milliards Fcfa l’année dernière (122 milliards Fcfa en 2011). Ce chiffre tient compte d’une subvention d’exploitation de 30 milliards Fcfa (11 milliards Fcfa en 2011). Par ailleurs, le total des charges est estimé à 145 milliards Fcfa en 2012 contre 140 milliards Fcfa un an avant, soit un accroissement de 3,6%. Tandis que le résultat net révèle un gap de 12 milliards Fcfa contre 18 milliards Fcfa en 2011.

L. DIARRA

Essor du 21 Juin 2013