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La démission du magistrat Malick Coulibaly a été acceptée par le Premier magistrat de la République, Amadou Toumani Touré. Du coup, le décret présidentiel le radie du corps des magistrats. Malick Coulibaly était ce jeune substitut du procureur de la République en exercice à Kati qui a préféré se plier à son intime conviction qui lui dictait de ne pas se fier à celle, injuste, de son supérieur hiérarchique.

En le faisant, il a, non seulement défié l’instance judiciaire dont il faisait partie, mais aussi interpellé la conscience du citoyen sur l’éthique de nos autorités. C’est là que le bât blesse et c’est pourquoi la réaction fut extrême.

Pourquoi le geste du magistrat a-t-il été inacceptable pour le chef de l’Etat, a-t-on sanctionné l’éthique pour résoudre le grave problème qu’elle pose au sein de nos autorités? Ce n’est ni plus ni moins qu’une fuite en avant de l’exécutif pris au dépourvu, face aux probables résurgences du regard critique de gens censés juger l’autorité judiciaire et au-delà, le pouvoir.

Il est tout simplement demandé au peuple juste de se taire et de ne pas se mêler des problèmes des plus gradés, même si les ordres de ces derniers devaient s’installer, dans la durée, dans l’injustice. C’est pourquoi, sans crier gare, le décret de l’autorité s’est prononcé contre l’exemple du citoyen qui, sous d’autres cieux, aurait été couronné : au nom de l’éthique et de la déontologie.


Baba Dembélé

20 Novembre 2008