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Mouvement citoyen par-ci, même s’il n’a jamais dit que c’est la perspective d’un troisième mandat pour son champion qui le met en mouvement. Tentative de recomposition du mouvement démocratique de 1991, même s’il n’a pas dit publiquement que ce qui le met en contre-mouvement c’est le risque d’un troisième mandat pour l’actuel locataire de Koulouba.

Entre les deux dynamiques, quelques tentatives infortunées de zélateurs pour expliquer pourquoi le pays est foutu sans ATT déclenchant ainsi la foudre des internautes à l’affût de tout. Rien ne fonde les suspicions revenues en force, ces semaines. A part qu’ATT n’a pas dit publiquement et officiellement qu’il partirait au terme de ce mandat-ci. Ce qu’il ne fera probablement jamais, pour éviter de légitimer une compétition plutôt ouverte quoique feutrée. Quoi donc ?

L’équipe de Daba ne peut plus revenir sur ses préconisations de limiter le mandat présidentiel pas plus que sur celle relative au régime constitutionnel, seul moyen incontestable pour les bons juristes d’aller vers une nouvelle constitution. Laquelle ouvrirait la compétition à plus de monde.

Il est vrai, les députés sont souverains. Il est également vrai que le référendum est encore plus souverain. Mais, chercher à se maintenir par ces éventualités relèverait plus du calcul risqué que du risque calculé, 2012 étant un tournant pour presque tous les candidats probables. S’ils le ratent, alors, adieu à leurs ambitions présidentielles, au profit de canines plus jeunes dont certaines pointent déjà à l’horizon. Quant au plébiscite, il faudrait nettement plus de réalisations physiques et de consensus politique autour du candidat qu’il n’en existe actuellement.

Et il faudrait résister à l’usure normale du pouvoir à un moment où le stock des inconditionnels du président ira en se rétrécissant. L’arrivée de la 4è République, tout en maintenant la clause limitative mais en recentrant les ressources d’un pays perfusé sur les institutions indispensables aurait permis la ré-belote. Mais là, il fallait plus de débats et plus d’acteurs pour le débat.

Ce que Chavez vient de réussir à la régulière et dans la clarté du jour. Tant mieux, pourtant, si notre démocratie se résolvait à rejeter tous les troisièmes mandats, quoique dans notre culture, la fin du pouvoir est sonnée par l’horloge biologique plutôt que la pendule constitutionnelle. Si ça ne change pas maintenant, ça changera difficilement à l’avenir.

Adam Thiam

18 Février 2009