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Madagascar, ce vaste nénuphar, la cheville gauche de l’Afrique vit des heures décisives. Tout le monde a suivi l’évolution d’une situation délétère qui a donné des sueurs froides à un continent déjà meurtri par tant de sang versé.

Au Mali, plus qu’ailleurs, la grande île nous interpelle. Tant du fait qu’a quelques encablures de la fête commémorative du 26 mars l’on se remémore le chemin difficile de la quête de la démocratie et du lourd tribut que le peuple a du lui concéder. Que du fait , et cette deuxième raison n’est pas dénuée de sens, qu’un des nôtres y est engagé dans une difficile médiation pour éviter que le sang ne coule, plus qu’hier, dans ce tendon d’un continent en quête justement d’ essor pour conforter sa marche..

Après les douloureux événements survenus en Guinée Bissau, après les coups d’état en Mauritanie et à Conakry, après les cafouillages monstres du Kenya et du Zimbabwe, la fausse note du changement à la tête de l’exécutif dans cette géante Afrique du Sud, le continent africain frappé par la vie cher, la pauvreté et le sida se doit de faire l’économie de l’instabilité, de la mauvaise gouvernance, de la corruption et des tripatouillages institutionnels devenus la norme.

Autant l’Asie du sud-est et centrale indiquent le chemin de la croissance, et ses performances sont connus de nos gouvernants, autant chez nous les usines ont pour nom Darfour, Goma…et ne produisent que des morts.

La jeunesse du continent se désole de la gestion des aînés, car à ce rythme, pense t-elle, il n’y aura plus d’héritage du tout et même de futur tout simplement. Des guerres mal éteintes au Tchad et en Centrafrique, des tensions épisodiques avant la grande déflagration dans le delta du Niger, la piraterie moderne au large de Mombassa sans compter toutes ces élections en cours et dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles seront pipées comme d’habitude.


L’Afrique est en perte de repères.

En perte de schémas, d’alternatives crédibles, de discours et même d’une méthodologie pour conformer le propos aux attentes, pour ouvrir sur l’espoir donc sur la croissance et le développement.

Les manquements actuels ne sont donc pas à verser dans le vaste répertoire de la crise de croissance de nos nations mais sont dus, et il faut le dire, à la myopie des dirigeants et souvent au jeu égoïste de leur intérêts tout aussi sordides parfois de la part de ceux-là même qui , un moment, avaient suscité tant d’espoirs.

S.El Moctar Kounta

20 Mars 2009