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Il y a 2 mois nous écrivions » Plus jamais ça ! « , » Rien ne doit, ni ne peut justifier le clou des événements d’hier 21 mai à Bamako et singulièrement sur la colline du pouvoir « .

«L’agression et la grave atteinte à l’intégrité physique du Président de la République par interim est à condamner sur toute la ligne et aucun malien ne peut et ne doit en être fier… » et de conclure » Plus jamais ça ! » Croyait-on si bien dire et avertir pour de bon et se rassurer qu’aucune agression de malien n’est plus possible pour des positions et/ ou des vues différentes. Tant est que tous leurs avis et opinions n’ont que le Mali un, indivisible dans la paix en point de mire.

C’était sans compter avec les forces obscures, les apatrides et autres barbares indignes du Mali qui ne cessent de nous pousser dans le puits sans fond qu’ils ont creusé pour enfoncer notre chère patrie.

L’enlèvement et l’agression barbare et ignoble de notre confrère Saouti L. Haïdara et de Abdrahamane Keïta avant, ne peuvent se justifier que par ça. La liberté de la presse et toutes les autres par ricochet sont en danger grave cette fois-ci et comme dit l’autre «trop c’est trop». Le gofernement, les patriotes et tous les démocrates doivent prendre leurs responsabilités et se mobiliser pour attraper, cueillir et mettre hors d’état de nuire les hommes encagoulés et autres acteurs obscurs de ces forfaits vils et déshonorants pour tout malien. C’est aussi le moment plus que jamais d’interpeller et responsabiliser nos forces de sécurité pour qu’elles s’assument et se mettent à hauteur d’attente et de mission. Car comme l’a dit le Ministre Directeur de Cabinet du Premier ministre Pleins Pouvoirs citant le Ministre des Sports Hamèye Founé Mahalmadane assurant l’intérim du PPG » Rien ne peut justifier les enlèvements et agressions des journalistes « . Et Kanouté d’ajouter : » A qui profite le crime ? » En tout cas pas au gofernement qui promet de mener les enquêtes pour débusquer au plus vite les auteurs (criminels) de ces agressions.

Le moins qu’on puisse dire c’est que le gofernement à travers les départements concernés doit cette fois-ci dépasser les déclarations et s’imposer l’obligation de débusquer ces criminels et leur infliger les sanctions exemplaires afin de dissuader les forces du mal embusquées en attendant leur prochain forfait. Il y va de la crédibilité des autorités en charge de la cité. Et en ce moment, seulement et seulement, ils auraient montré patte blanche. Toutes les forces vives et surtout les démocrates doivent les aider pour ce faire.

Enfin, il ne faut pas se le cacher c’est de la solidarité et la mobilisation des hommes et femmes de médias et leurs amis que dépendra en grande partie la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur noble profession. C’est cette solidarité à toute épreuve qui peut mettre la pression sur tous pour protéger et préserver la liberté de la presse, le seul outil (et contre pouvoir) démocratique qui reste au pays en cette phase de transition et d’exception à toute épreuve.

Et pour paraphraser la dernière victime des forces aussi obscures que l’intérieur de leurs cagoules, El Hadj Saouti Labass Haïdara (pour ne pas le nommer) » Face à ce fascisme rampant, les hommes de presse et les auxiliaires de presse sont condamnés à se retrouver, à resserrer leurs rangs, à constituer un bloc de granit pour empêcher toute tentative d’inféodation, d’aliénation, de sujétion, qui mettrait en péril la liberté d’expression et partant l’activité du journaliste tout court. Dans ce nouveau défi, ils doivent pouvoir compter sur les partis politiques par delà toute considération d’obédience et de leadership les syndicats, les associations de la société civile, bref, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, soucieux de la sauvegarde de libertés démocratiques « Croyait-il si bien dire. C’était le 18 juin 2007 dans Ligne de force de l’Indépendant en réaction à l’arrestation et l’inculpation de notre confrère Seydina Oumar Diarra de Info Matin. Trois jours après, quatre autres journalistes furent interpellés et incarcérés en cascade.

La grande mobilisation des hommes et des femmes de médias et leurs amis, hier mardi, appuyés par une journée sans presse et l’engagement du gofernement à débusquer et punir les auteurs de ces forfaitures et crimes sont en tout cas de bon augure. Pourvu qu’on maintienne la pression comme le souhaitait cinq ans plutôt El hadj Saouti Labass Haïdara.

El Hadj Mahamane Hamèye Cissé

Le Scorpion du 18 Juillet 2012