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Le « bêbibabolo » ( chacun pour soi ou le sauve qui peut ! , terme très à la mode sur les berges du Djoliba ces derniers jours) est en marche depuis déjà quelques temps.

Précisément depuis que l’Etat malien a servi à certains de ses ex-agents, partants volontaires à la retraite anticipée, des chèques sans provision. Du jamais vu …

Venus des quatre coins du pays et après des années d’attente, les intéressés se sont entendus dire que la provision mise à leur disposition à la banque par l’Etat malien n’est pas à hauteur proportionnelle des chèques présentés. Du coup, le semblant d’espoir et la perspective de pouvoir payer au moins une partie de leurs dettes et ainsi se réinsérer dans la société des hommes en reconquérant une part de leur dignité perdue se sont effondrés. L’amertume et le désespoir ont repris le dessus.

Imaginez le désarroi de ceux de nos compatriotes dans cette délicate situation ! Déjà quand on est payé à la fin de chaque mois, c’est difficile. Alors mettez vous à la place de ces centaines de personnes pour lesquelles l’expérience du départ volontaire à la retraite a tourné court et qui sont désormais réduits à survivre plutôt qu’à vivre. Ceux pour lesquels chaque jour qui passe est une victoire sur sa misérable condition.

L’Etat a un devoir d’assistance vis-à-vis de ses citoyens en particulier ceux des plus fragiles. En se comportant comme il vient de le faire, il se «décrédibilise» aux yeux du pays et des partenaires au développement… Pourtant une simple programmation aurait suffi.

El Moctar Kounta

13 Mars 2008.