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Après cinq ans de bons et loyaux services rendus à l’Afrique, l’ancien président Alpha Oumar Konaré est de retour au pays natal. Conformément à une tradition bien établie qui veut qu’on fête l’enfant prodigue, ce retour pourtant a été accueilli au Mali par un silence de cimetière. On chercherait en vain quelques explications plausibles à une telle indifférence. Est-ce parce que ce retrait avait été annoncé d’avance et qu’à Addis-Abeba il n’y a rien de nouveau ?

En réalité tout n’est qu’apparence car Alpha Oumar Konaré ne laisse jamais indifférent. Parce qu’on sait que l’homme ne reste jamais les bras croisés. Pour certains, c’est même un grand agitateur qui brandit l’épouvantail communiste. Le général Moussa Traoré le craignait comme la peste et le faisait pister par ses services de renseignement. D’où la peur diffuse qui plane sur autorités et partis politiques. Que viendra faire Alpha une fois au pays ? C’est la grande interrogation qui taraude les esprits.

Et c’est sur cette cruciale question que les supputations vont bon train. Les rumeurs les plus fantaisistes et les hypothèses les plus surréalistes circulent sous le manteau : il va reprendre l’Adéma en main, il va redevenir président du Mali etc. Pourtant, le fils de l’enseignant et de la ménagère, n’est ni Ivan le Terrible, ni le tsar Nicolas II. Il a servi le Mali pendant dix ans. Il a mouillé le maillot comme il aimait lui-même à le dire lors de la CAN 2002 organisée par le Mali.

A présent, c’est un citoyen comme tous les autres, surtout si l’on réfère à ce ver de Corneille qui dit : «quelque grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes». Peu importe s’il ne veut pas prendre une retraite. L’histoire retiendra, en tout cas, qu’après avoir nourri de grands desseins pour l’Afrique, il a refusé de se plier au diktat du syndicat des chefs d’Etat africains.

Mamadou Lamine Doumbia

12 Février 2008.