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La présentation le week-end dernier du troisième rapport du Bureau du vérificateur Général aux plus hautes autorités, au delà de la réalité des chiffres, laisse transparaître une chose essentielle: la valorisation ne serait ce que formelle de la dernière née des structures de contrôle et de moralisation des deniers publics.

Ces derniers mois, le Bureau avait fait l’objet de tirs croisées dans la presse. Des tirs qui avaient l’allure de lynchage ou, à tout le moins, de décrédibilisation et de déstabilisation. Et on est en droit de penser qu’on voulait pousser à la faute et peut être même plus : à la démission !

La cérémonie de samedi a servi au moins à une chose : clarifier la nature des rapports devant exister entre les mandants et l’orfèvre des comptes. Et cela est fort heureux.

De mission bien comprise et de confiance renouvelée.

L’échec de cette expérience, aussi courageuse qu’ inédite, sera aussi celui de tout le pays. Un échec qui servira de porte d’entrée à tous les fossoyeurs de l’économie qui ont été obligés de rendre gorge, cette fois, pour 22 milliards!!!

On le voit donc, on ne peut envoyer à la pêche au requin et retirer l’échelle de coupée.

Le recentrage d’avant hier rassure, il faut le multiplier et l’étendre à d’autres secteurs et à d’autres acteurs.

Car, encore une fois, l’audace qui conduit à devenir chasseur d’éléphants ne doit pas faire oublier que le repli stratégique fait partie de l’art de la guerre. Et dans ce cas on souhaite, autant que possible, que ce ne soit pas à découvert.

Transposé ailleurs cela s’appelle : réassurance.

S.El Moctar Kounta

05 Aout 2008