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Dans notre récente parution du 25 septembre 2012, nous avons publié un article satirique intitulé: « La CENI payée pour dormir ? ». Dans ledit article, nous nous interrogions sur l’utilité de maintenir en vie cette institution budgétivore alors qu’aucune élection ne pointe à l’horizon pour cause d’occupation des deux tiers du territoire national par des bandits armés. Dans la foulée, nous nous demandions à haute voix ce que la CENI, institution temporaire au sens de la loi électorale, mais qui se donnait des allures de permanence, avait fait des 6 milliards à elle octroyés pour les besoins de supervision des scrutins avortés d’avril 2012.

Ce faisant, nous tapions dans le mille et avons obligé la CENI à rompre son tranquille, silencieux et incongru festin. Un festin qui semblait parti pour durer alors que le pays se morfond dans la crise la plus grave de sojn histoire. En effet, jeudi 4 octobre 2012, le président de la CENI, Mamadou Diamoutani, a annoncé la suspension des activités des 795 démembrements de la Commission électorale nationale indépendante. Face aux représentants des partis politiques et de la société civile, il a indiqué: « Le montant des indemnités et les frais de fonctionnement des démembrements, en temps normal, atteignent à peu près 108 millions FFCA par mois ». Evoquant les raisons qui ont motivé la suspension des activités des démembrements, Diamoutani a expliqué qu’« au regard du fait qu’ il n’ y a pas d’activités concrètes sur le terrain, on a pensé que, pour des raisons financières, il fallait sursoir à leurs activités » avant d’ ajouter que « lorsque les étapes du processus électoral vont être abordées, on va les activer ». Par ailleurs, a-t-il dit, « rien que pour la formation des nouveaux membres des démembrements de la Ceni, ça coûte plus 600 millions de FCFA. ». A noter que les 795 démembrements de la Ceni, dont les activités sont suspendues pour le moment, sont repartis entre les différentes régions du Mali et les six communes du district de Bamako.

Pourquoi avoir attendu notre article pour se rendre compte que la CENI dilapidait des centaines de millions pour rien ? Pourquoi le gouvernement, si soucieux de deniers publics au point de projeter des audits sur l’ère ATT, n’a-t-il pas, d’office, pris ses responsabilités et dissous la CENI jusqu’à ce qu’un nouveau calendrier électoral soit officiellement adopté ?

En tout cas, la décision prise par Diamoutani va dans le bon sens. Elle montre que l’homme, chef religieux de son état, se soucie de son image et de celle de ses fonctions. Elle montre surtout que la presse, en démocratie, ne manque pas d’utilité puisque dans le cas d’espèce, sans l’intrusion de Procès-Verbal dans la salle des convives, la CENI aurait continué à festoyer gaiement sur le dos du contribuable malien. Et sans tambour ni trompette.

A présent, monsieur Diomoutani, après avoir mis sous l’éteignoir les inutiles démembrements de la CENI, vous devriez, vous et les 14 autres membres de votre bureau, pousser la logique légale et financière au bout et démissionner purement et simplement. Jusqu’à ce que le peuple sache quand il va voter et vous investisse, éventuellement, d’un nouveau mandat.

Tiékorobani

Procès Verbal du 9 Octobre 2012