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Après la Cour d’appel, la cour suprême a annulé à son tour, jeudi, l’élection qui opposa Amadou Djigué et Pona dans la course à la présidence de la Chambre des Mines, une institution-clé à la mesure des ambitions de notre pays pour le secteur minier. Rebelote ou début d’un nouveau feuilleton judiciaire, la question n’est pas là. Ce qui mérite d’être souligné d’abord, c’est le professionnalisme et la classe dont l’audience du procès du jeudi a crédité le Commissaire du gouvernement, M. Sagara.

Lequel n’a pu s’empêcher de réclamer la victoire pour Pona tant il était scandalisé par l’argumentaire et les pièces à conviction produits par l’autre partie. Des procès verbaux nuls et qui furent de nul effet, un télégramme du gouverneur qui, selon lui, n’avait aucune valeur administrative, une dénonciation méthodique de la mécanique de la fraude et des complicités humiliantes qui enlevèrent à Abdoulaye Pona une victoire qui lui avait été reconnue avant d’être renversée le lendemain. Parce que le mérite ne compte pas là où la puissance de l’argent et l’arrogance des clercs font la loi.

En disant que la presse n’a fait que son travail en relayant la victoire constatée du malheureux président de l’Unomin et en démontrant que les huit votes par correspondance ayant permis de fabriquer la victoire de Djigué étaient signés de la même personne qui a eu l’unique don d’être en même temps à Nioro, Kayes et Gao, Sagara prouve qu’il y a encore de la bonne graine dans notre pays. Certes, en dépit de cette magistrale démonstration du Commissaire du Gouvernement,

Pona se retrouve à égalité avec son challenger. C’était peut-être cela le droit. Quid de la morale ? L’absence de procès-verbal constatant sa victoire n’était pas sa faute, mais l’étape première d’un hold up qui sera couronné par des faux et l’usage sans scrupule de ces faux. Bien sûr, personne ne paiera pour le gâchis et le pays continuera avec ses élections bananières. C’est honteux!

Adam Thiam

24 Mai 2010.