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La démarche de l’auteur qui a choisi son moment, tout comme le livre, répond à une logique mûrement réfléchie : elle est tendancieuse, pour ainsi dire, hautement politique. C’est celle d’une gent d’indépendants qui s’organisent à faire main basse sur l’Etat en mettant en disgrâce les politiques.

Me Abdoulaye Sékou Sow n’a pas réussi à s’imposer comme un acteur indépendant, évoluant dans une administration où les règles du jeu étaient déterminées par des acteurs politiques. Il échoue là où son successeur venant des rangs des partis politiques réussit.
Il en tire une leçon : pour un intellectuel de son rang, il fallait, pour s’imposer, être d’un parti politique. Le choix s’imposait : créer un parti ou militer à l’Adema, s’il voulait occuper un poste digne de son rang, ou alors s’éloigner des politiques. Me Abdoulaye Sékou Sow semble avoir choisi la dernière option en prenant ses distances par rapport aux politiques.
Il n’a pas pris le risque de créer un parti politique, parce qu’il n’a pas un passé de lutte politique. Il ne pouvait pas non plus adhérer à l’Adema, le parti au pouvoir, avec qui il avait désormais maille à partir, après sa démission de la primature.

Par la force des choses, il était devenu un homme opposé aux politiques. Un indépendant actif, qui a peut-être choisi de combattre les politiques. Sa distance forcée des politiques l’amène pourtant à se rapprocher de l’ancien président de la transition Amadou Toumani Touré, un indépendant qui n’avait pas déclaré la guerre aux partis politiques.
Abdoulaye Sékou Sow s’installe dans la société civile et devient un inconditionnel du président ATT qu’il soutient et encourage à briguer la présidence de la République. Déjà, avant la fin du deuxième mandat d’Alpha, ce juriste confiait à qui voulait l’entendre, qu’ATT serait élu en 2002.

Depuis sa déchéance de la primature, donc sa rupture d’avec Alpha Oumar Konaré et l’Adema, ses relations se sont renforcées avec ATT. Celui-ci l’envoie à la Cour constitutionnelle pour y être président ; mais là aussi, il ne gagne pas la bataille.

Cependant Abdoulaye Sékou Sow ne semble pas avoir dit son dernier mot. La preuve : ce livre paru provoquant une éclaboussure au sein de la République. Et si cet évènement s’inscrivait dans un plan secret d’abattage des politiques, savamment orchestré par les indépendants au pouvoir ?
Le conseiller occulte du président ATT s’est-il fait découvrir ? En flagrant complot contre la démocratie multipartite !

B. Daou

11 septembre 2008