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Notre 22 septembre, notre fête à nous, celle de la fierté nationale retrouvée, le fruit de tant de sacrifices d’où s’élèveront l’espoir et l’avenir de nos enfants, a été pris en otage cette année.

Une télévision complaisante et complice a, deux heures durant et en direct, ouvert, un jour de fête nationale ses antennes à une structure privée dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle a servi en guise de plateau, un spectacle médiocre à tous points de vue.

Mais au delà de cette prestation qui aura échoué dans tous les compartiments, il y a lieu de retenir surtout la mise à mort de toute la symbolique à rechercher en de pareilles occasions.

La galvanisation des fils du pays autour de valeurs nobles et porteuses pour l’avenir a cédé la place à un folklore mal assuré sans que cela soulève la moindre indignation de presque la moitié des membres du gouvernement présents.

La glorification des idéaux nationaux, le respect dû au passé et la confiance à investir dans l’avenir ont laissé la place à la morgue et à la prétention de ceux qui n’ayant été investis de rien s’auto- octroient le droit de porter un jugement et de distribuer des bons points !


De quelle autorité ? Au nom de quelle expertise ?

Les Maliens communiant à l’occasion de leur anniversaire à tous, par la magie de l’image télé, ont subi un véritable acte de piraterie, un hold-up, de la part de ceux qui les ont spoliés de leurs légitimes réjouissances, de leur droit à la fête.
Encore que !

Parce que s’agissant d’une commémoration dans l’austérité, en raison de multiples problèmes que le pays traverse, il était indécent de servir ce que fut la soirée du 21 septembre 2008.

Parce que les dix derniers jours du Ramadan sont un moment de haute quête spirituelle, de bénédictions et de vœux de lendemains meilleurs pour le Mali, des ministres de la République ainsi que de haut fonctionnaires des départements auraient mieux fait de communier autrement avec un peuple meurtri par tant d’épreuves.

Notre fête qui est nécessairement, cette année, de recueillement a été viciée par des amateurs mal inspirés en quête de sensation et d’audience.

Et le privé a mangé l’officiel, lui enlevant toute la profondeur dramatique qui sous-tend ce genre de manifestation.

B.Daou

23 Septembre 2008