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Une des insuffisances de la démocratie malienne c’est de se comporter comme celle des vieilles nations et de se donner des critères d’appréciations dignes des expériences plusieurs fois centenaires, de pays, qui dits modernes, en ont réinventé le concept.

Il en est, à titre d’exemple, du mode de financement public des partis politiques et de la dernière clé de répartition d’une donation, somme toutes parcimonieuse. Seuls trente sur la centaine de l’échiquier ont bénéficié de l’obole nationale et obtenu la substantifique part nécessaire à leur construction, reconstruction, réglage et émergence.

Peut-on raisonnablement attendre d’un bébé qu’il rapporte le lendemain de sa naissance la plus belle médaille olympique ? Et c’est le cas , quand on sait que notre démocratie, et celle en général d’Afrique, est en construction . Et même s’il existe un manuel de procédures, du seul fait que plus de 70% des partis politiques se soient trouvés exclus de l’aide, est la preuve que l’accompagnement de l’Etat est largement insuffisant et que ce manuel reste à revisiter.

A peine quinze années d’exercice démocratique il est encore loin le temps des performances de gestion des partis qui, il faut le rappeler, dans l’imaginaire populaire, sont assimilables à la prise en charge du social dans la plupart des formations : hospitalisation, décès et autres catastrophes naturelles.

Du reste, l’obligation de résultats, de moralisation dans la gestion des deniers octroyés ont été souvent en butte, il n’y a pas longtemps, à la mise à mort programmée des partis, à coups de débauchages, de retournements, de fragilisation par des candidatures indépendantes, de noyautage de l’administration et de peaux de bananes en tous genres. Une véritable mise en berne. Avec en prime, parfois, l’aumône d’une aide exceptionnelle.

Les soixante quinze partis politiques, dont certains sont au gouvernement, tout comme les autres, ont besoin des soins de l’Etat pour exister. Demain ils marcheront tout seuls.

Ce sont eux qui ont conduit à l’Indépendance et à la Démocratie. Ils seront le socle sur lequel reposeront le Mali de demain, le Mali de toujours.

S.El Moctar Kounta

12 Février 2009