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Parlant de Maitre Abdoulaye Wade , le célèbre Jacques Focart dans ses mémoires insistait sur le côté insaisissable de celui qui deviendra plus tard le président de la République du Sénégal…

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Insaisissable, c’est bien le mot. A preuve, les départs dans la douleur de la plupart de ses compagnons du PDS. Le dernier en date , le fils spirituel, celui qui était censé sécher les larmes qu’un Idrissa Seck aurait fait verser, Maky Sall est hors jeu. Débarqué du perchoir , il n’est plus membre du parti qui l’avait fait Premier ministre.

Sur les antennes de RFI , Macky Sall qui n’est pourtant pas connu pour être simpliste, ramène le motif essentiel de son limogeage, façon bananière, au seul fait que l’Assemblée Nationale dont il était le président, avait souhaité entendre Karim Wade, l’héritier, sur sa gestion des fonds publics dont il était comptable dans le cadre de la préparation du sommet de l’O.C.I

Cela n’a pas plu à son père qui y a vu une manœuvre de déstabilisation.

Macky est parti,mais il reste digne, et son potentiel demeure aux yeux de ses compatriotes et des démocrates de par le monde, énorme et intact.

Car la question qu’ils se posent est bien celle de savoir si l’attitude de Wade n’aurait pas été autre si , in fine, l’Assemblée avait interpellé quelqu’un d’autre, en charge tout aussi des affaires publiques. N’aurait-elle pas été applaudie?

Et puis en agissant comme il l’a fait , Wade pense t-il , et avec lui sa majorité mécanique, avoir rendu service à son fils qu’il veut placer coûte que coûte, vaille que vaille , en pole position ? N’est-ce pas dans un certain sens un aveu d’indélicatesse, que ce refus d’obtempérer aux lois de son pays? Parce que tôt ou tard il faudra que le peuple du Sénégal sache.

Aujourd’hui , après les épisodes Idrissa Seck et Macky Sall, l’on est en droit de se demander où le Vieux conduit le pays ? de quel principe de gouvernement se prévaut-il ? Lui qui, arrivé sur le tard au pouvoir, a hérité d’un peuple si politiquement mûr et qui d’aucune façon ne se laissera dicter sa conduite et ses choix , le moment venu.

S.El Moctar Kounta

11 Novembre 2008