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La sixième table ronde des bailleurs de fonds du Mali a, dit-on , généré des intentions de financement pour plus de 3000 milliards de FCFA . C’est de la poudre au yeux. Non seulement, et il faut le dire aux Maliens, il n’y a aucune garantie de décaissement mais cette somme faramineuse comprend aussi celle du programme en cours.

Dans le huis clos qui a réuni tous ceux qui ne veulent pas que l’on sache, les débats ont été houleux et se sont achevés sur des propositions des bailleurs difficilement tenables. A moins de restructurer, entendez de brader, le peu qui reste du patrimoine national : Energie du Mali, Sotelma, CMDT, Institutions bancaires et non bancaires!

La main qui donne est hélas aussi celle qui ordonne et la réunion a pris parfois l’allure de véritable chantage.

Si la moisson a été généreuse, ce dont il est permis de douter, l’élégance commande que l’on dise à ses mandants, à quels prix.

Il est permis d’en douter quand des partenaires aussi essentiels que la France et le Canada se plaignent d’avoir été tenus à l’écart de la rédaction de l’avant-projet du communiqué de la résolution finale.

Une des conditionnalités, disons même une des clauses secrètes, de la libération des fonds promis reste la moralisation de la gestion économique et financière du pays. Et la récente mise en place d’une commission préparatoire des Etats Généraux de la corruption est un artifice dans lequel les bailleurs ne se sont pas laissés prendre et ils l’ont fait savoir.

Les bailleurs le savent, nos dirigeants doivent eux aussi en faire leur credo : on ne prête qu’aux riches. Même l’amitié et la solidarité qu’ils pourraient témoigner ne s’inscrivent que dans la logique de récupérer un jour leurs billes. C’est tout le sens de la mise en œuvre souhaitée des Accords de Partenariat Economique.


S. El Moctar Kounta

17 Juin 2008