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« Le pouvoir est comme une source claire et limpide. On la regarde, on s’y regarde, on admire sa limpidité ; mais au fond de cette source, le sable n’est pas toujours pur, il est souvent mêlé à la boue. »

Ces trente dernières années au Togo la boue était plus souvent à la surface. Mais Gilchrist Eyadema, Faure Olympio, Dahuku Agboyibo, Yawovi Koffigoh Péré, vous avez bien lu, ont réussi ce après quoi court le Mali politique après tant d’années de pratique démocratique: des élections propres….

Là bas sur les rives du Mono, le fichier électoral était fiable, les cartes d’électeur avec photo étaient remises à tous ceux qui ont l’âge de voter. Là bas, il n’y avait pas des millions de cartes d’électeurs non distribuées.

Il n’y avait pas de procurations établies par centaines voire par milliers par des préfets et des sous-préfets. Là-bas, le bulletin unique n’avait pas été commandé auprès d’un imprimeur local soutenant activement un parti ou un candidat. Là bas, les bulletins de vote précochés ne circulaient pas avant le jour du scrutin.

Au Togo, les bulletins comportaient souche et numéros. Ils se sont même permis la “coquetterie” de prévoir un timbre spécial pour marquer les bulletins avant leur introduction dans l’urne.

Les élections dont les résultats ont été publiés constituent un tournant dans ce pays. Le tournant devrais-je dire, en ce sens que pour la première fois de sa récente histoire il est organisé un scrutin auquel participent toutes les formations politiques, ceux de la majorité comme de l’opposition.

A ce stade peu importe qui a gagné. L’essentiel c’est que tous les fils du pays regardent dans la même direction.

Il est plus que temps que les lourds passifs des pères soient transcendés. Il est plus que temps que les enfants de ce pays debout comme un homme (voyez sa carte) effacent l’héritage de division des pères.

Les signes, pour ce faire, ne trompent pas. Dimanche dernier, le téléphone n’a pas été coupé comme par le passé, le courant a été servi contre toute attente et le vote a eu lieu dans la paix et dans l’enthousiasme.

Il n’y a pas eu de cadavres jetés dans la lagune de Bé. Aucun villageois n’a pris ses baluchons pour se mettre en sécurité au Ghana ou au Bénin.

L’on commence à comprendre à Lomé que si “ je diffère de toi, loin de te léser, je t’enrichis”.

A partir de maintenant, le Togo, paria il n’y a pas si longtemps de la communauté démocratique, pourra, s’il le veut, donner des leçons au reste de l’Afrique, en particulier à ceux qui comme nous marchent à reculons sur la voie de la construction démocratique.

19 octobre 2007.