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Il devient clair maintenant que chaque fois que le président Modibo Kéïta prend la parole, c’est pour annoncer quelque chose de neuf, même quand à la lecture des têtes de chapitres annoncées, on croit savoir le contenu du discours.

Depuis les temps que l’on parle du neutralisme positif, qui admettait que cette doctrine comportait encore d’autres idées personnelles ?
Certes dans l’esprit de plus d’un, il paraissait difficile de définir correctement le neutralisme positif. L’on sentait bien le neutralisme, mais les mots semblaient manquer pour le développement de l’expression.

Après le discours du Secrétaire général de l’Union Soudanaise RDA, le malien se sont maintenant armé pour affronter tous les doctrinaires où qu’ils soient et quels qu’ils soient !

Il fut un temps où le neutralisme se définissaient par la négation : «le neutralisme n’est pas…»
Maintenant nous disons : «le neutralisme positif a comme base logique et la morale».

Nous savons que la grande lutte qui oppose la démocratie populaire à la démocratie bourgeoise est avant tout une lutte pour l’agrandissement du domaine propre à chacune d’elles.

La neutralité est notre position. Il faut être neutre pour pouvoir rendre la justice. Cette position d’arbitre découle naturellement de notre condition. Il est vrai qu’aucun nom de notre sous-développement, nous aurions pu faire quelques numéros de cirque pour rassembler soit des dollars, soit pour obtenir des roubles. Cette politique là, nous la voyons faire. Nous savons qu’elle porte en elle le néo-colonialisme.

Nous savons que certains qui l’ont expérimentée, n’ont pas pour autant progressé dans la voie du développement. Les dons étrangers, même d’un point de vue économique, ne peuvent pas être la base d’une politique nationale.

Un Etat a besoin de s’affirmer pour avoir une raison d’être. Cette volonté de s’affirmer pour avoir une raison d’être. Cette volonté de s’affirmer s’appelle le patriotisme. Ce qui veut dire que nous formons un peuple, que nous avons une nationalité particulière qui nous distingue des Américains ou des Russes, qu’en toute circonstance nous sommes d’abord nous-mêmes.


Cette satisfaction pour l’éprouver, il faut avoir les moyens de dépendance possible avec les pays développés.

Ainsi donc, sur le plan politique, nous avons crée l’US-RDA qui le jeudi, 22 septembre 1960, n’a pas écrit à Moscou ou à Washington pour demander le éléments d’une politique générale.

Sur le plan économique, nous nous sommes arrachés des griffes de l’impérialisme capitaliste en créant des sociétés d’états et surtout en établissant un plan quinquennal pour la rationalisation de nos investissements dont nous devons être maîtres.
Ces mesures politiques et économiques conditionneront demain notre vie sociale et culturelle. Tout cela, la recherche de notre personnalité propre, se déroule sur un plan intérieur, c’est-à-dire dans la nation.

Cependant, n’étant pas seuls à vivre ici bas, il nous faut avoir des relations avec l’extérieur.

1. les peuples luttant pour leur indépendance

Un mauvais Africain peut se demander pourquoi nous nous mêlons de l’Affaire algérienne et de la situation en Angola, etc.…
Le président l’a dit : pour ce concerne le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, nous sommes parties.


Pourquoi ?
Voyons d’abord ce qui peut entraver l’établissement d’une personnalité nationale, car pour le Mali, tout le problème est là. L’impérialisme, qui contient une grande part de colonialisme, ou de néo-colonialisme, est l’ennemi principal d’un jeune Etat. Tant que ce phénomène existera dans le monde, notre vigilance se renforcera. Nous savons que c’est lui qui peut nous détruire.

Par conséquent, nous devons aider les peuples à se libérer de la domination étrangère. En plus court, c’est notre nationalisme qui nous oblige à être partie quant il s’agit du Congo ou de l’Angola.

2. les problèmes internationaux

Deux grands se partagent aujourd’hui le monde. Ils peuvent faire la pluie et le beau temps. Avec les moyens techniques dont ils disposent pour détruire le monde, ils pourraient nous entraîner dans leur giron. Si nous suivons simplement parce qu’ils ont des dollars ou roubles, nous risquons de compromettre dangereusement notre développement et notre liberté. Nous avons parfaitement aussi ce que coûte une guerre. Nous sommes des pays en construction qui ont besoin d’une garantie : la paix et le liberté.

Nous savons cependant qu’on n’est pas en paix quand on s’enferme impurement dans la maison. La paix que nous recherchons est double : nous pourrions rester enfermés dans notre maison : évidemment nous ne recevrions plus de coups ni injures ; mais notre conscience ne saurait être maintenue dans une maison.

Elle participe aux souffrances des autres à leurs conflits. Il nous faut donc intervenir très souvent non pas pour verser de l’huile sur le feu, mais pour tenter d’examiner la cause des querelles et e proposer une solution du devoir accompli. Nous aurons la paix dans notre maison aussi l’assurance de militer activement en sa faveur au dehors.

Le monde moderne a fait de nous des arbitres d’une situation. Nous ne remplirons correctement ce rôle que dans la mesure où nous serons guide par la logique et la morale, qui sont les deux chefs du neutralisme positif du non alignement.

Jeudi, 7 septembre 1961 l’Essor N° 3715

Dr. Mamadou El Béchir Gologo

30 MARS 2009