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D’abord les débats. Il est affligeant de constater avec quelle rapidité des « proches d’ATT », des « juristes » et des « intellectuels » se sont précipités pour faire allégeance aux princes du jour. Il faudrait des débats sur les convictions, nos convictions. Parler vrai, être constant sur ses opinions, être lisible dans ses prises de position.

Ils sont nombreux nos compatriotes à être désorientés, désaxés par rapport à nos leaders qui jouent à la pirouette, qui changent d’orientations comme d’autres de chemises. Ils sont rares les Maliens qui sont capables, comme disaient les Bambara, de mourir pour leurs convictions. Cette position amène le manque d’opinion nationale constituée, l’incapacité à s’identifier à des leaders.
Ensuite les remises en question. Notre classe politique, nos leaders d’opinion n’ont pas été à la hauteur. ATT est la résultante de toutes les compromissions, de toutes les conjurations opérées contre le peuple par ces clans. Le coup d’Etat n’est que la conséquence d’une démission collective, d’une trahison généralisée du peuple.

Le silence, les tergiversations et les petits calculs opérés après le coup d’Etat viennent encore nous faire comprendre que nous ne pouvons compter sur personne : ni nos leaders politiques, ni nos leaders religieux, ni la société civile. Les trois se confondent et complotent contre nous, abusent de nos confiances et nos naïvetés.
Nous n’avons pas à ce jour de référence. Nous n’avons pas de soutien, de secours. Nous n’avons personne capable de nous faire rêver, de nous faire voir ou croire en un lendemain meilleur. Le Mali s’est installé dans la facilité, dans le déni.

Quand viendra le jour, quand arriveront des jours plus certains, il nous faudrait réfléchir sur nous, nos responsabilités individuelles et collectives, nos manquements. Il nous faudrait verser l’eau pour expier nos fautes.
En entendant, le Rubicon est franchi. Les repères ont disparu. Bolly n’est que la partie visible d’un problème qui couve depuis dix ans.
La presse, parent pauvre de la démocratie, mouton noir du troupeau, a sonné l’alerte, accepté de mourir de faim, de ne pas aller à la soupe pour éveiller. A l’heure du bilan, au moment des comptes, les déballages arriveront. Aujourd’hui, il urge de se ressaisir.

Dieu sauve le Mali !

Alexis Kalambry

5 avril 2012