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Est -il besoin aujourd’hui au Mali de tenter de convaincre les Maliens de ce qu’est leur vie et des difficultés de leur quotidien? Ils n’ont qu’à se mettre sur le pas de leur porte et ils seront servis. Même aveugles, les cris de détresse leur parviendront.

Est-il besoin de se forcer pour se rendre compte de la vie chère, malgré les tentatives de saupoudrage comme l’Initiative riz dont seul son initiateur y croit, quand il n’en fait pas ce cheval de Troie que l’on soupçonne?

Pour découvrir qu’au Mali l’on peut allègrement se passer des enseignants pour les évaluations et sans doute pour les examens de fin d’année à venir? Quels examens ! Qui n’auront été précédés que d’un contrôle en 9 mois!

Est-il besoin d’avoir été initié par quelques géomanciens pour voir que le déficit de gestion appropriée de la crise du Nord, malgré les appels de l’opposition, de la société civile (COREN, MNFPUN, CADI), installe le pays dans l’instabilité et le désastre de ce sang malien qui coule ?

Ces crises et d’autres conjuguées ont fini d’asseoir durablement la paupérisation et de l’Etat et des populations. Et plus grave: cette détestable impression que le pire justement est à venir. Avec en prime des ambitions démesurées , pour soi , pour l’avenir.

Pour toutes ces raisons, l’opposition se refuse de se taire!

Elle refuse de se taire quand la case du père est en feu, quand le fils confond stylo et kalach, quand la marmite maternelle est désespérément vide et qu’il ne reste plus à l’ aîné que le départ sur les mers, pour servir et construire pour d’autres.

L’opposition parle ce matin au Palais des Congrès et vous serez saisi de ce parler vrai, de ces paroles dues. Au nom du Mali, au nom de l’histoire du Mali.

S. El Moctar Kounta

04 Juin 2008